« Sur les 14 millions de Libanais de la diaspora, très peu ont la nationalité libanaise. » Cette réalité préoccupe au plus haut point notre fringant ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, inquiet de « la menace qui pèse sur l'identité nationale ». Le déséquilibre démographique causé par la présence massive de réfugiés syriens et palestiniens commence à peser lourd, estime-t-il. D'où son refus catégorique de naturaliser « nos voisins syriens », mais aussi les Palestiniens présents sur le sol libanais. Chose compréhensible !
C'est donc en grande pompe qu'il a lancé, la semaine dernière, la campagne nationale pour le recouvrement de la nationalité libanaise, à l'intention des Libanais de la diaspora. Une campagne qui devrait permettre à tous les émigrés, dont l'ascendant mâle est libanais, de recouvrer leur nationalité. Qui devrait aussi ouvrir la voie à la naturalisation des épouses étrangères d'hommes libanais.
Cherchez l'erreur !
Et la femme libanaise, monsieur Bassil ? Où la situez-vous dans ce processus ? Pourquoi en est-elle absente ? Pourquoi est-elle moins bien nantie que son compatriote de sexe mâle ou que l'épouse étrangère d'un émigré libanais ? Pourquoi est-elle ignorée par cette campagne dont vous tirez fierté ? Ne fait-elle pas partie, pour moitié au moins, des 14 millions de Libanais de la diaspora ? N'est-elle pas une électrice ou une candidate potentielle ? Son éducation, ses compétences et sa culture ne sont-elles pas un atout de taille pour le pays de ses ancêtres ?
La liste est si longue !
La femme libanaise est en colère, monsieur le ministre. En colère contre vous-même et contre une classe politique machiste et misogyne, qui ignore ses droits sous prétexte de lutter contre l'implantation, mais qui n'hésite pas à la solliciter, en toute hypocrisie, en période électorale.
Que d'arrogance !
Alors, à moins d'accorder aux Libanaises de la diaspora les mêmes droits que leurs compatriotes mâles, et de militer activement pour que la citoyenne libanaise ait le droit absolu de transmettre sa nationalité à ses enfants et à son époux étranger, votre campagne, monsieur Bassil, n'est que de la poudre aux yeux !
Parce que votre étroitesse d'esprit et vos considérations à quat'sous vous ont amené à écarter la solution évidente à la menace contre l'identité nationale : tirer profit du poids des femmes d'origine libanaise dans la balance démographique.
Qu'attendez-vous donc pour en faire une cause nationale ?


TRES BON ARTICLE ! SUPERBE MEME !
16 h 19, le 05 septembre 2016