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Moyen Orient et Monde - Gabon

Bongo rejette la responsabilité des émeutes sur l’opposition

Au milieu des émeutiers et des violences, un partisan de Jean Ping, chapelet à la main, s’est agenouillé en prière le regard pointé vers le ciel… Marco Longari/AFP

Pris à partie par la communauté internationale et l'opposition, le président gabonais Ali Bongo affichait hier sa fermeté, rejetant la responsabilité des violences qui ont fait trois morts après l'annonce de sa réélection sur des « groupuscules formés à la destruction », le gouvernement annonçant un millier d'interpellations.
« La démocratie s'accorde mal des succès autoproclamés (...). La démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un Parlement et de la télévision nationale », a déclaré Ali Bongo Ondimba lors d'une brève allocution au palais présidentiel. « Les élections ont rendu leur verdict (...). Qui a perdu ? Un groupuscule dont le seul projet était de prendre le pouvoir pour se servir du Gabon et non servir le Gabon », a encore accusé le fils et successeur d'Omar Bongo, en visant Jean Ping, son principal rival à la présidentielle, qui était parvenu à rallier d'autres candidats importants de l'opposition.
L'annonce de sa réélection, mercredi, a déclenché une nuit d'émeutes meurtrières et de pillages à Libreville et dans d'autres villes du pays. Le centre de la capitale était quadrillé hier par les forces de l'ordre, notamment aux abords de l'Assemblée nationale, incendiée mercredi, et du QG de M. Ping – réfugié dans un lieu inconnu –, pris d'assaut dans la nuit. Les grands axes étaient dévastés, bordés de bâtiments incendiés et jonchés de restes de barricades. Des pillages étaient toujours en cours à la mi-journée dans des quartiers populaires de la capitale, selon la police.
L'armée a fouillé le QG de M. Ping « de fond en comble », a indiqué un des responsables de l'opposition, l'ancien vice-président Didjob Ding Duvungui, qui se trouvait lui-même dans un groupe d'une dizaine de personnes en attente de transfert au siège de la gendarmerie pour y être auditionnées.

Un écart marginal
Mercredi, la commission électorale avait annoncé la réélection du président sortant pour un deuxième septennat avec 49,80 % des suffrages, devant M. Ping (48,23 %). Cet écart marginal représente une différence de 5 594 voix, sur un total de 627 805 électeurs inscrits, dans ce petit pays d'à peine 1,8 million d'habitants.
Hier, le régime d'Ali Bongo se trouvait sous la pression de la communauté internationale, qui appelle à un arrêt des violences et à un nouveau comptage des votes du scrutin de samedi dernier. Comme l'opposition, l'Union européenne, la France et les États-Unis ont demandé la publication des résultats de tous les bureaux de vote du Gabon. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a évoqué une « crise profonde » et a appelé les différentes parties « au calme ». Par la voix de son président François Hollande, la France, ancienne puissance coloniale, a appelé « toutes les parties à la retenue et à l'apaisement, ce qui suppose un processus garantissant la transparence sur les résultats du scrutin ».
À la présidence gabonaise, le porte-parole d'Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-Bye-Nze, ne semblait pas apprécier ces conseils : « Nous faisons les élections en fonction de la loi gabonaise (qui prévoit la publication des résultats par région). Les pressions internationales doivent tenir compte de la loi gabonaise, ce ne sont pas elles qui vont la changer. »

(Source : AFP)

Pris à partie par la communauté internationale et l'opposition, le président gabonais Ali Bongo affichait hier sa fermeté, rejetant la responsabilité des violences qui ont fait trois morts après l'annonce de sa réélection sur des « groupuscules formés à la destruction », le gouvernement annonçant un millier d'interpellations.« La démocratie s'accorde mal des succès autoproclamés (...). La démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un Parlement et de la télévision nationale », a déclaré Ali Bongo Ondimba lors d'une brève allocution au palais présidentiel. « Les élections ont rendu leur verdict (...). Qui a perdu ? Un groupuscule dont le seul projet était de prendre le pouvoir pour se servir du Gabon et non servir le Gabon », a encore accusé le fils et successeur d'Omar Bongo, en visant Jean Ping,...
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