Des élus américains font pression sur le gouvernement américain pour qu'il renforce sa lutte contre l'esclavage sexuel de jeunes garçons au sein des forces armées afghanes, d'après un courrier que s'est procuré l'AFP.
Les députés invoquent pour cela une loi interdisant le versement d'aide américaine à des unités militaires étrangères commettant de telles violations des droits de l'Homme.
Ces pressions font suite à un article de l'AFP en juin révélant comment les talibans tirent profit d'une pratique pédophile solidement ancrée dans la police afghane, le "bacha bazi" ou "jeu avec les garçons". Selon des policiers et responsables afghans, les insurgés talibans recrutent des garçons prépubères victimes de cette pratique pour monter des attaques meurtrières dans le sud du pays.
L'élu du Congrès Duncan Hunter a enjoint le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter à prendre des "mesures immédiates pour faire cesser le viol d'enfants" en Afghanistan, où plusieurs milliers de militaires américains sont déployés en soutien aux forces locales.
Le Département de la Défense a répondu la semaine dernière à M. Hunter dans une lettre dont l'AFP a eu copie, indiquant qu'il s'efforçait de s'assurer que les coupables soient punis. Selon ce courrier, le général John Nicholson, commandant américain en Afghanistan, a "réaffirmé" des consignes en cours. Celles-ci prévoient que "lorsque des militaires américains soupçonnent des membres (des forces de sécurité afghanes) de violer les droits de l'Homme, y compris par des abus sexuels sur des enfants, ils doivent en faire part aux responsables (afghans) concernés".
Mais pour M. Hunter, cette réponse est loin de correspondre à la politique officielle du zéro tolérance.
"Au strict minimum, le gouvernement américain devrait déclarer, comme politique officielle, qu'il ne tolérera pas des viols d'enfants en plein déploiement de troupes américaines, et imposer des exigences sur la façon dont les accusations et les preuves sont gérées", a déclaré le parlementaire américain à l'AFP. "Jusque-là, rien de cela n'est en place, à part une simple obligation de rapporter les faits".
Ce point de vue fait écho à celui d'autres élus qui ont appelé l'an dernier l'agence chargée de surveiller les efforts pour la reconstruction en Afghanistan (Sigar), à lancer une enquête indépendante toujours en cours sur le "comportement sexuel prédateur" des forces afghanes.
Beaucoup avaient été choqués par des articles de presse qui suggéraient que l'armée américaine avait découragé des militaires américains ayant tenté d'intervenir pour faire cesser le bacha bazi.
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Des élus somment Washington d'agir contre l'esclavage sexuel en Afghanistan
AFP / le 01 septembre 2016 à 17h58


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