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Économie - Finance

Le Canada prêt à rejoindre la banque de développement créée par la Chine

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau (à gauche) avec le président de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) Jin Liqun (à droite), lors d’une conférence de presse hier à Pékin. Thomas Peter/Reuters

Le Canada s'est dit hier candidat pour rejoindre la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) – créée par la Chine mais décriée par les États-Unis –, en pleine visite à Pékin du Premier ministre Justin Trudeau, soucieux de relancer les relations sino-canadiennes.
La participation à l'AIIB générera des « opportunités commerciales » pour les entreprises canadiennes et de « bons emplois », a annoncé le ministre des Finances Bill Morneau lors d'une conférence de presse.
L'AIIB, née d'une initiative chinoise et dont les statuts fondateurs ont été signés en juin 2015, vise à financer des projets d'infrastructure en Asie. Sur ses 57 membres fondateurs, une vingtaine sont des pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Bien que Pékin s'en défende, l'AIIB constitue de facto un contrepoids à la Banque mondiale et à la Banque asiatique de développement, respectivement contrôlées par les États-Unis et le Japon.
Or, la nouvelle institution, dans laquelle la Chine dispose de pouvoirs de décision considérables, suscite la méfiance des deux pays. Tous deux ont refusé d'y adhérer, s'inquiétant que Pékin l'utilise pour favoriser ses entreprises et ses intérêts géopolitiques. « Il faut de la transparence dans son fonctionnement, sinon l'argent pourrait être mal utilisé », martelait l'an dernier le président Barack Obama.
Pour sa part, le Canada estime qu'il peut « aider la banque au niveau de sa gouvernance ». « Si nous devenons le premier pays d'Amérique du Nord à rejoindre l'AIIB, je suis sûr que nous apporterons des positions constructives et équilibrées », a assuré M. Morneau. « C'est clairement dans l'intérêt du Canada », a-t-il argumenté. Les infrastructures qui désenclavent des régions asiatiques « accroissent la variété de l'offre sur le marché mondial, pour le bénéfice de tous ».

Une marque de « confiance »
La Chine cherche déjà activement à renforcer son influence diplomatique à travers l'Asie à coups d'investissements massifs le long de « nouvelles routes de la Soie », un moyen d'écouler ses surproductions de ciment et d'acier. Pékin a aussi participé à la création d'une banque de développement propre aux économies émergentes des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
L'AIIB, de son côté, accordera entre 10 et 15 milliards de dollars de prêts par an, avait annoncé en décembre son président, Jin Liqun, un ancien responsable chinois de la Banque mondiale.
M. Jin s'est félicité hier de la décision du Canada. Les droits de vote de la Chine dans l'AIIB se trouvent « inévitablement dilués » avec l'arrivée de nouveaux membres, mais Pékin « ne se considère pas comme le grand patron et coopère volontiers », a-t-il ajouté. L'annonce intervient au deuxième jour d'une visite de Justin Trudeau en Chine, où il a rencontré hier son homologue Li Keqiang avant un sommet du G20. La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada, avec des échanges ayant dépassé 85 milliards de dollars canadiens l'an dernier.
Mais leurs relations ont été assombries par le projet de la Chine d'imposer de nouvelles règles sur ses importations de canola afin de protéger ses propres récoltes – au risque de pénaliser les ventes (2 milliards de dollars annuels) du Canada, premier exportateur mondial. Ces règles, censées entrer en vigueur aujourd'hui, ont été repoussées le temps des discussions visant un accord de long terme.
(Source : AFP)

Le Canada s'est dit hier candidat pour rejoindre la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) – créée par la Chine mais décriée par les États-Unis –, en pleine visite à Pékin du Premier ministre Justin Trudeau, soucieux de relancer les relations sino-canadiennes.La participation à l'AIIB générera des « opportunités commerciales » pour les entreprises canadiennes et de « bons emplois », a annoncé le ministre des Finances Bill Morneau lors d'une conférence de presse.L'AIIB, née d'une initiative chinoise et dont les statuts fondateurs ont été signés en juin 2015, vise à financer des projets d'infrastructure en Asie. Sur ses 57 membres fondateurs, une vingtaine sont des pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Bien que Pékin s'en défende, l'AIIB constitue de...
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