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Moyen Orient et Monde - Gabon / Présidentielle

Bongo ou Ping ? Compte à rebours dans un pays aux abris

Les résultats du scrutin de samedi dernier ne devaient pas être divulgués avant tard dans la nuit.

De nombreux Librevillois ont envahi hier les supermarchés, les boulangeries (photo) et les épiceries pour faire des provisions par crainte de violences postélectorales au Gabon. Marco Longari/AFP

Rues désertes, forces de sécurité aux aguets, nouvelles proclamations et autres invectives : les Gabonais se sont calfeutrés chez eux par crainte de violences, hier, bien avant une nuit de longues délibérations sur le vainqueur de la présidentielle. Nouveau septennat pour le président sortant Ali Bongo Ondimba, ou fin de la dynastie de sa famille avec l'ex-patron de l'Union africaine (UA), Jean Ping, vainqueur autoproclamé du scrutin de samedi dernier ?
Sans attendre le verdict officiel, qui devait semble-t-il tomber très tard dans la nuit, les rues de Libreville et Port-Gentil se sont vidées dès le début de l'après-midi pour laisser place à un soudain silence sépulcral. En matinée, de nombreux Librevillois ont envahi supermarchés, boulangeries et épiceries pour faire des provisions avant de rentrer chez eux. Les forces de police antiémeute se sont progressivement déployées aux points stratégiques de la capitale d'environ 650 000 habitants. Plusieurs véhicules blindés légers patrouillaient sur le bord de mer. Habitués à la paix civile, les Gabonais n'ont pas oublié qu'en 2009 des violences postélectorales avaient éclaté à Port-Gentil, la capitale économique (morts, pillages, couvre-feu, consulat de France incendié...). Pour sa part, l'ambassade de France a « demandé aux ressortissants français d'éviter tout déplacement à compter de 14h00 ».
C'est donc l'heure du dénouement de la présidentielle à un tour : la commission électorale nationale (Cénap) était réunie hier la nuit dans l'enceinte de la Cité de la Démocratie, vaste complexe sécurisé de la capitale. Les débats, qui s'annonçaient « houleux » entre délégués de la majorité et de l'opposition, devaient durer « des heures », selon des sources proches de la Cénap. Le ministre de l'Intérieur devait venir ensuite y lire les résultats. Ex-baron du régime du président Omar Bongo, opposant tardif après l'élection de son fils Ali en 2009, Jean Ping (73 ans) prétend renverser la famille au pouvoir depuis 1967 dans cette partie de l'Afrique où l'alternance politique est exceptionnelle. Hier, son équipe de campagne a de nouveau revendiqué la victoire : Jean Ping « possède une avance de 60 000 voix sur Ali Bongo » qui sera « impossible à rattraper » sauf « fraude massive », a-t-elle affirmé. L'entourage du président Bongo évoque lui aussi une « avance » qui lui garantit la victoire.

Accusations d'ingérences
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé les deux candidats pour leur transmettre « sa préoccupation concernant des déclarations prématurées sur l'issue des élections ».
Le bal des invectives a cependant continué. Le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a dénoncé « des ingérences multiples » au bénéfice de M. Ping, visant la France et un présumé proche du président ivoirien Alassane Ouattara. M. Bilie-By-Nze a nommé l'avocat parisien de M. Ping, Me Eric Moutet, qui a annoncé que son client saisirait la Cour constitutionnelle en cas de défaite.
Passionnant l'Afrique francophone, l'élection au Gabon intéresse évidemment la France, l'ex-puissance coloniale qui compte au moins 10 000 ressortissants sur place. M. Ping a été reçu dimanche à l'ambassade de France à Libreville. À Paris, le Parti socialiste (au pouvoir) a prévenu qu'il « serait d'une extrême vigilance » à l'heure des résultats. « Voilà plus d'un demi-siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon. Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple », a ajouté le parti. « Ingérence et néo-colonialisme », a dénoncé le porte-parole d'Ali Bongo.
(Source : AFP)

Rues désertes, forces de sécurité aux aguets, nouvelles proclamations et autres invectives : les Gabonais se sont calfeutrés chez eux par crainte de violences, hier, bien avant une nuit de longues délibérations sur le vainqueur de la présidentielle. Nouveau septennat pour le président sortant Ali Bongo Ondimba, ou fin de la dynastie de sa famille avec l'ex-patron de l'Union africaine (UA), Jean Ping, vainqueur autoproclamé du scrutin de samedi dernier ?Sans attendre le verdict officiel, qui devait semble-t-il tomber très tard dans la nuit, les rues de Libreville et Port-Gentil se sont vidées dès le début de l'après-midi pour laisser place à un soudain silence sépulcral. En matinée, de nombreux Librevillois ont envahi supermarchés, boulangeries et épiceries pour faire des provisions avant de rentrer chez eux. Les...
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