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Moyen Orient et Monde - France

« Notre pays mérite de prendre pour lui des risques »

Le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a démissionné hier, à huit mois de la présidentielle, pour « transformer la France dès l'année prochaine ».

Si François Hollande venait à renoncer à se porter candidat à sa propre succession à la présidentielle de 2017, Emmanuel Macron (une main levée et un dossier dans l’autre), qui a démissionné hier du gouvernement, pourrait devoir affronter sur la route de l’Élysée un certain… Manuel Valls, l’actuel Premier ministre. Lionel Bonaventure/AFP

La présidence française a officialisé, hier, le départ du gouvernement du ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, dont la défection à huit mois de la présidentielle de 2017 alimente les spéculations sur une éventuelle candidature à l'Élysée. M. Macron a démissionné « pour se consacrer entièrement à son mouvement politique », a ainsi indiqué un bref communiqué de l'Élysée. Pour lui succéder, François Hollande a choisi un fidèle de longue date, l'actuel ministre des Finances, Michel Sapin, dont le chef de l'État a élargi le portefeuille.
Peu après avoir présenté sa démission à M. Hollande, M. Macron a tenu une conférence de presse lors de laquelle il a affirmé : « Notre pays mérite de prendre pour lui des risques (...). Je suis déterminé à tout faire pour que nos valeurs, nos idées, notre action puissent transformer la France dès l'année prochaine. » Il n'a toutefois pas été jusqu'à se déclarer explicitement candidat à l'élection présidentielle.
Le jeune ministre de 38 ans, trublion du cabinet, avait annoncé hier matin à ses collaborateurs qu'il s'apprêtait à remettre sa démission. Son départ avait été éventé par plusieurs médias, hier matin. « C'est un coup de bambou » pour le chef de l'État, a regretté un ministre, sous le couvert de l'anonymat. « Pour François Hollande, c'est un rétrécissement nouveau de sa majorité », s'est désolé un fidèle du président socialiste. Proche de M. Macron, le maire de Lyon, Gérard Collomb, a explicité la démarche du ministre démissionnaire : « La voie suivie aujourd'hui, qui consiste à dire qu'on va attendre décembre pour savoir si Hollande y va (à la présidentielle), c'est intenable car si personne n'est prêt, ce sera la débandade. »
Parmi les ministres les plus appréciés de l'opinion, Emmanuel Macron multipliait depuis plusieurs mois les provocations, entre le lancement de son propre mouvement politique « En marche ! » et ses déclarations tapageuses. Il y a quelques semaines encore, il avait expliqué que « l'honnêteté (l')obligeait à dire » qu'il n'était « pas socialiste ». Le Premier ministre, Manuel Valls, ne cachait plus non plus son agacement à l'égard de son ministre, qui lui disputait le créneau de la gauche réformiste. L'ultime avertissement était venu le 14 juillet de François Hollande lui-même, qui l'avait une nouvelle fois recadré deux jours après un premier meeting parisien de son mouvement au cours duquel M. Macron n'avait pas épargné le chef de l'État. M. Hollande avait menacé en retour d'évincer le ministre si ce dernier ne respectait pas la « solidarité » gouvernementale et la nécessité de « servir jusqu'au bout » sans « démarche personnelle et encore moins présidentielle ».

Hollande défié
Ancien haut fonctionnaire formé aux écoles de l'élite, ex-banquier d'affaires, Emmanuel Macron, qui n'a jamais eu de mandat électif, doit sa carrière gouvernementale au président socialiste qui en a fait une pièce maîtresse de l'exécutif. Ancien secrétaire général adjoint et conseiller économique de François Hollande à l'Élysée, il a été nommé ministre de l'Économie et du Numérique en août 2014. Il a donné son nom à une loi promulguée en août 2015, destinée à libéraliser certains secteurs d'activité (transports routiers, notaires, ouverture de certains commerces le dimanche, etc.). Sa présence au gouvernement a aussi été marquée par de nombreuses déclarations dénoncées par une partie de la gauche et une rivalité croissante avec Manuel Valls, figure comme lui de la gauche sociale-libérale.
En mai, Gérard Collomb avait déclaré que M. Macron serait « naturellement » candidat à l'Élysée en 2017 si François Hollande, très impopulaire depuis son élection en 2012, ne remontait pas dans les sondages. Son départ du gouvernement renforce encore l'incertitude à gauche dans la perspective de la présidentielle de 2017. François Hollande n'entend pas dire avant la fin de l'année s'il souhaite solliciter un second mandat, via une primaire organisée par le PS et prévue fin janvier. Mais le président sortant est d'ores et déjà défié par trois de ses anciens ministres : les socialistes Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, qui l'a encore appelé à renoncer hier matin, et l'écologiste Cécile Duflot.
Si M. Hollande venait à renoncer, Emmanuel Macron pourrait aussi devoir affronter sur la route de l'Élysée un certain Manuel Valls, qui cherche lui aussi à peaufiner sa stature de recours à gauche.

(Source : AFP)

La présidence française a officialisé, hier, le départ du gouvernement du ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, dont la défection à huit mois de la présidentielle de 2017 alimente les spéculations sur une éventuelle candidature à l'Élysée. M. Macron a démissionné « pour se consacrer entièrement à son mouvement politique », a ainsi indiqué un bref communiqué de l'Élysée. Pour lui succéder, François Hollande a choisi un fidèle de longue date, l'actuel ministre des Finances, Michel Sapin, dont le chef de l'État a élargi le portefeuille.Peu après avoir présenté sa démission à M. Hollande, M. Macron a tenu une conférence de presse lors de laquelle il a affirmé : « Notre pays mérite de prendre pour lui des risques (...). Je suis déterminé à tout faire pour que nos valeurs, nos idées, notre action...
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