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Moyen Orient et Monde

Avancées rebelles dans la province de Hama

Syrie

Attaques chimiques : Londres et Paris réclament des sanctions de l'Onu contre Damas.

OLJ
31/08/2016

Les rebelles syriens ont pris Halfaya, une ville-clé de la province centrale de Hama, en Syrie, au cours d'une large offensive contre les forces du régime, ont annoncé hier des responsables rebelles et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les jihadistes du groupe Jund al-Aqsa ainsi que les brigades de l'Armée syrienne libre (ASL) avaient déjà repris la veille des postes de contrôle des forces affiliées au régime dans le nord de la province.
Les villages au nord de Hama sont essentiellement peuplés par des membres de la minorité chrétienne et des communautés alaouites. Proche d'une route reliant la côte à l'axe Alep-Damas, Halfaya n'est qu'à quelques kilomètres à l'est de la ville chrétienne historique de Mahrada. « Nous nettoyons maintenant la ville après l'avoir libérée du régime et nous avons des surprises en réserve », a prévenu Abou Kinan, un commandant du groupe rebelle Jaych al-Ezza, présent à Halfaya.
L'effondrement rapide des forces du régime a permis aux rebelles de s'emparer également d'une série de villages alentour, notamment Buwaydah, Zalin et Masassnah. À l'est de Halfaya, les rebelles se sont également emparés de Taybat al-Imam.
Ces victoires rapprochent les insurgés du fief septentrional de l'armée dans la région, Soran, qui garde l'accès nord de la capitale de province Hama, située à 200 km de Damas.
Une source militaire du régime a annoncé des frappes aériennes menées par l'armée de Bachar el-Assad, tuant des dizaines de rebelles. Elle n'a pas confirmé la prise de Halfaya, mais des sites prorégime rapportent que des renforts sont envoyés pour reprendre les villes.
L'OSDH a confirmé la prise de Halfaya, ajoutant que des avions de combat soupçonnés d'appartenir au régime ont bombardé des avant-postes rebelles, tuant au moins 20 insurgés.
Le groupe Jaych al-Ezza a menacé dans un communiqué de frapper la centrale électrique de Mahrada, l'une des plus grandes de Syrie, si le régime s'en prenait en représailles aux zones civiles tenues par les rebelles.
Les dernières avancées devraient permettre une consolidation des positions des milices, après la reconquête en novembre de Morek, au nord de Hama, avant-poste crucial pour accéder à l'ouest du pays.

Turquie/Kurdes
Plus au nord, la Turquie a redemandé hier un retrait des combattants kurdes à l'est de l'Euphrate, ne confirmant pas l'annonce par les États-Unis d'un accord entre forces turques et milices kurdes sur un arrêt des hostilités dans le nord de la Syrie. Le ministère n'a pas confirmé que la Turquie et les Forces démocratiques syriennes (coalition arabo-kurde dominée par les milices kurdes) avaient accepté d'arrêter les hostilités, comme l'avait affirmé quelques heures plus tôt un porte-parole du Centcom, le commandement militaire américain au Moyen-Orient.
« Ces dernières heures, nous avons reçu l'assurance que toutes les parties impliquées vont arrêter de se tirer dessus et se concentrer sur la menace du groupe État islamique », a indiqué hier à l'AFP le colonel John Thomas, évoquant un accord de principe pour les deux prochains jours.
Hier, trois soldats turcs ont été blessés par des tirs de roquette contre leur char à Jarablous, a rapporté la télévision turque NTV.

Hollande
De son côté, le président français François Hollande s'adressant hier aux ambassadeurs réunis à Paris a déclaré que les interventions militaires « contradictoires » en Syrie font peser un « risque d'embrasement général ». « Depuis près d'un an, la Russie apporte son concours au régime de Bachar el-Assad, qui utilise ce soutien pour bombarder des rebelles, mais aussi des populations civiles, ce qui fait le jeu des extrémistes de tous bords », a déclaré le chef de l'État français. « Aujourd'hui, c'est la Turquie qui fait le choix de déployer une partie de son armée sur le territoire syrien pour se défendre contre Daech, ce qui peut parfaitement se comprendre après les attaques que ce pays a subies (...) mais aussi pour mener des actions contre les Kurdes, qui eux-mêmes affrontent l'État islamique avec le soutien de la coalition. L'urgence absolue, c'est l'arrêt des combats », a-t-il ajouté.
Évoquant un rapport de l'Onu pointant l'utilisation par le régime de Damas d'armes chimiques au-delà de 2013, François Hollande a estimé que « ces crimes ne peuvent pas rester impunis ». Paris « travaille à l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité », a-t-il rappelé, « pour condamner ces actes abominables et prévoir des sanctions contre leurs auteurs ».
En effet, la France et le Royaume-Uni ont réclamé hier auprès du Conseil de sécurité l'adoption de sanctions contre le régime syrien. Les ambassadeurs français et britannique François Delattre et Matthew Rycroft ont accusé Damas de « crimes de guerre ». Leur homologue américaine Samantha Power a affirmé que Damas devrait « payer le prix » de ces attaques.

(Sources : agences)

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