Les discussions « ne pourront pas aboutir à un accord d’ici à la fin de l’année », a déclaré hier le président français François Hollande. François Mori/Reuters
Le glas a-t-il sonné pour le TTIP ? La France a exclu hier qu'un accord intervienne « avant la fin du mandat » de Barack Obama sur le projet de traité de libre-échange entre l'Union européenne et les États-Unis, dont Paris entend stopper les négociations.
Les discussions « ne pourront pas aboutir à un accord d'ici à la fin de l'année », a déclaré le président français François Hollande. « La France préfère regarder les choses en face et ne pas cultiver l'illusion qui serait celle de conclure un accord avant la fin du mandat du président des États-Unis », début 2017, a-t-il ajouté devant les ambassadeurs français réunis à Paris.
Le secrétaire d'État français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a indiqué que son pays allait demander en septembre « l'arrêt de ces négociations », jugeant les discussions menées par la Commission européenne trop favorables aux positions américaines. « Les Américains ne donnent rien ou alors des miettes (...), ce n'est pas comme ça qu'entre alliés on doit négocier », a-t-il indiqué. « Il faut un coup d'arrêt clair et définitif à ces négociations pour repartir sur de bonnes bases », a argumenté M. Fekl.
Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013 par le gouvernement américain et la Commission européenne, l'accord TTIP vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires de part et d'autre de l'Atlantique pour créer la plus vaste zone de libre-échange au monde. Il est très critiqué par des ONG altermondialistes ou environnementales, qui craignent à terme une déréglementation généralisée au profit des grandes entreprises.
Le traité est aussi de plus en plus contesté au sein d'autres gouvernements européens, notamment en Allemagne.
Bruxelles et Washington y croient encore
Même si la chancelière conservatrice Angela Merkel défend le projet, « l'état des négociations ne permet pas d'accord », a jugé hier le ministre social-démocrate de l'Économie Sigmar Gabriel, qui avait déjà, dimanche, enterré le traité. « Si quelqu'un peut me dire comment, après trois années de négociations sans résultats (...), on peut parvenir d'ici à la fin de l'année à un accord, je suis prêt à discuter. Mais c'est de la pure fiction. À moins qu'on ne soit prêts à se soumettre aux Américains. J'ai toujours dit : plutôt pas d'accord qu'un mauvais accord. »
La commissaire européenne au Commerce, la Suédoise Cecilia Malmström, considère quant à elle que « les négociations n'ont pas échoué ». « Il y a en France et en Allemagne (...), mais aussi en Autriche et en Belgique, une résistance incroyablement forte au TTIP (...). Cela a une incidence évidemment sur le débat et l'attitude des ministres. Mais le gouvernement allemand soutient tout à fait clairement le TTIP, de même que la majorité des États membres », a-t-elle affirmé hier.
En écho, la Maison-Blanche a réitéré ses espoirs d'aboutir. « Notre position n'a pas changé : nous continuons à travailler avec l'objectif d'achever ces négociations avant la fin de l'année », a déclaré Josh Earnest, porte-parole de Barack Obama.
Pour autant, tout porte désormais à croire que l'avenir du traité est suspendu au résultat des élections aux États-Unis. Les deux principaux candidats, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, ont déjà tous deux sévèrement critiqué le TTIP. « Personne ne peut dire ce qui va se passer », a estimé Sigmar Gabriel. « On verra s'il y a un changement de position des États-Unis après l'élection », et « s'il n'y en a pas, alors il n'y aura pas de TTIP ».
(Source : AFP)


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