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Israël: une grande ONG réclame la transparence au procès d'un de ses employés

Le président de l'organisation caritative World Vision a mis en doute les accusations israéliennes de détournement d'aide humanitaire contre son responsable dans la bande de Gaza et a réclamé que son procès soit public, à l'occasion de sa première comparution mardi.

Les accusations selon lesquelles Mohamed Halabi, directeur de World Vision à Gaza, aurait détourné des dizaines de millions de dollars au profit du Hamas, sont "très difficiles à concilier" avec le budget local de l'ONG et les contrôles auxquels elle procède, a dit Kevin Jenkins à l'AFP par téléphone des Etats-Unis lundi soir.

Le procès de M. Halabi s'est ouvert à huis clos à Beer-Sheva (sud d'Israël) pour une audience préliminaire, un peu moins d'un mois après la révélation par Israël, avec un grand battage, de son arrestation et son inculpation, a rapporté son avocate, Lea Tsemel.

Les juges lui ont lu les charges. M. Halabi, revêtu d'un uniforme de détenu, a gardé le silence, a-t-elle dit. Mais il conteste ces charges.

M. Halabi a été arrêté le 15 juin au point de passage entre le territoire palestinien et Israël.

Les Israéliens l'accusent d'avoir détourné chaque année depuis 2010 7,2 millions de dollars pour le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui dirige la bande de Gaza, et ses activités militaires.

Israël -comme les Etats-Unis ou l'Union européenne- considère le Hamas une organisation terroriste. Les deux parties se sont livré trois guerres dans la bande de Gaza entre 2008 et 2014.

"Un procès n'a de légitimité que s'il est transparent", a dit le président de World Vision, ONG chrétienne américaine qui emploie plus de 40.000 personnes dans près de 100 pays.

"Etant donné la gravité des accusations contre l'un de nos employés, nous appelons à une procédure équitable", a-t-il dit à l'AFP et quelques médias, dans ses premières interviews depuis que l'affaire a éclaté.

"Nous voulons connaître la vérité, tout autant que nos donateurs", a-t-il dit, "toute notre réputation repose sur l'intégrité".

M. Jenkins a exprimé ses doutes devant les accusations israéliennes. World Vision a déjà souligné que son budget pour Gaza sur les dix dernières années s'élevait à 22,5 millions de dollars, ce qui remet en cause les sommes énoncées par Israël.

En outre, a dit M. Jenkins, "nous ne sommes pas naïfs. Nous disposons de dispositifs de classe mondiale pour empêcher que ne se produise le genre de choses dont il est question ici".

"Il est très difficile de concilier ces chiffres (israéliens) et les contrôles que nous avons mis en place", a-t-il dit.

World Vision a suspendu ses projets dans les Territoires palestiniens en attendant les résultats d'une enquête interne, mais "le désir est très fort de recommencer à Gaza", a dit M. Jenkins.

L'annonce coup sur coup des arrestations de M. Halabi, puis d'un employé de l'Onu, Wahid Borsh, sous des accusations de même nature, a provoqué une onde de choc parmi les milliers de Palestiniens et d'étrangers engagés dans l'assistance au territoire dévasté, où plus des deux tiers de la population dépendent de l'aide étrangère.

Israël a brandi les arrestations comme les exemples du cynisme du Hamas, et de la naïveté des ONG. Les humanitaires ont accueilli les arrestations avec un mélange de stupéfaction, d'inquiétude et de scepticisme. Les arrestations ont aussi suscité des interrogations sur l'accès des deux hommes à une procédure équitable.

Amnesty International a pressé les autorités israéliennes d'enquêter sur les informations selon lesquelles M. Halabi aurait été maltraité en détention et aurait passé des aveux sous la contrainte. Elle a réclamé un procès "public et équitable".

Le président de l'organisation caritative World Vision a mis en doute les accusations israéliennes de détournement d'aide humanitaire contre son responsable dans la bande de Gaza et a réclamé que son procès soit public, à l'occasion de sa première comparution mardi.Les accusations selon lesquelles Mohamed Halabi, directeur de World Vision à Gaza, aurait détourné des dizaines de millions de dollars au profit du Hamas, sont "très difficiles à concilier" avec le budget local de l'ONG et les contrôles auxquels elle procède, a dit Kevin Jenkins à l'AFP par téléphone des Etats-Unis lundi soir.
Le procès de M. Halabi s'est ouvert à huis clos à Beer-Sheva (sud d'Israël) pour une audience préliminaire, un peu moins d'un mois après la révélation par Israël, avec un grand battage, de son arrestation et son inculpation, a...