Une Marocaine votant le 4 septembre 2015 à Rabat durant des élections locales. Des législatives auront lieu au Maroc le 7 octobre prochain. Fadel Senna/AFP
À 40 jours des élections législatives au Maroc, les islamistes du parti au pouvoir et leurs rivaux du Pam se mettent en ordre de bataille pour un scrutin qui s'annonce très disputé. Le Parti authenticité et modernité (Pam, libéral), principal parti d'opposition, a donné ce week-end le ton de la campagne à venir en se réunissant à Casablanca. « La persistance de la situation actuelle risque de mener le pays à la catastrophe », a averti son secrétaire général, Ilyas el-Omari, en annonçant clairement son ambition de prendre la tête du gouvernement. « Les Marocains aspirent au changement qu'incarne le Pam », a assuré pour sa part M. Omari, dont les propos étaient rapportés hier par la presse. La bataille électorale à venir vise donc à « sauver » et « libérer » le pays, selon lui.
Un scrutin très disputé
Les législatives du 7 octobre s'annoncent donc particulièrement serrées. Davantage que pour le précédent scrutin de la fin 2011, lorsque le parti islamiste Justice et Développement (PJD) avait remporté un succès historique dans le sillage des printemps arabes, des contestations de rue au Maroc et d'une vaste réforme voulue par le roi Mohammed VI. Le PJD est depuis lors à la tête d'un gouvernement de coalition qui compte quatre formations. Il est également arrivé deuxième aux municipales de septembre 2015 derrière le Pam, le devançant cependant d'une courte tête en nombre de votes.
Principal rival des islamistes, le Pam, d'obédience libérale et fondé en 2008 par un proche conseiller du roi, est aujourd'hui très critique du bilan socioéconomique du PJD. Le programme détaillé du Pam pour les législatives a été présenté samedi devant les militants et sera rendu public dans les prochains jours, le parti promettant une plus grande représentation des femmes parmi ses candidats.
De son côté, la formation islamiste a rendu publics vendredi soir les noms de 74 candidats têtes de liste aux législatives, sur un total de 92 circonscriptions. Selon cette liste, qui reste à compléter, le Premier ministre et secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, se présentera dans son fief de Salé, près de la capitale Rabat. La majorité des ministres du PJD participeront également à ces élections. « Le PJD a mis à contribution la plupart de ses ténors. Il met donc tout son poids dans cette élection qui sera très serrée », observe le site d'information en ligne Médias24.
(Source : AFP)
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