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Moscou prêt à discuter avec Washington au sujet des attaques chimiques en Syrie

La Russie est prête à discuter avec Washington du rapport de l'Onu qui accuse le régime de Damas d'avoir mené des frappes chimiques en Syrie, mais elle veut d'abord étudier le document, a indiqué jeudi son ambassadeur.

"Nous avons un intérêt commun à décourager ce genre de choses, à les empêcher, même en pleine guerre", a déclaré Vitali Tchourkine à des journalistes.

Il a mis en garde contre la tentation de "tirer des conclusions hâtives" et a souligné qu'il ne fallait pas nécessairement s'attendre à "une confrontation entre la Russie et les Etats-Unis" sur ce dossier.

Le rapport, qui accuse aussi le groupe jihadiste Etat islamique d'avoir utilisé du gaz moutarde comme arme de guerre, doit être débattu mardi au Conseil de sécurité.

Washington, Londres et Paris poussent à ce que le Conseil prenne des mesures contre les responsables sous forme de sanctions ou de saisine de la Cour pénale internationale.

La Russie a jusqu'ici défendu son allié syrien contre les pressions occidentales en affirmant qu'il n'existait pas de preuve formelle de sa culpabilité. Mais Moscou avait accepté la création il y a un an de la commission d'enquête qui a publié mercredi le rapport.

M. Tchourkine n'a pas révélé quelle serait la réponse russe mais il a indiqué qu'il avait téléphoné mercredi à son homologue américaine Samantha Power, actuellement en congés.

"Nous avons convenu de nous rencontrer dès son retour pour voir ce qui peut être fait sur la base de ce rapport".

La Russie peut en principe mettre son veto à toute initiative du Conseil pour sanctionner son allié syrien, comme elle l'a fait à plusieurs reprises depuis le début de la guerre en Syrie.

Jugeant le rapport "très technique" et compliqué, M. Tchourkine a ajouté: "nos experts doivent l'étudier".

Interrogé sur les conclusions des enquêteurs de l'Onu qui accusent l'armée gouvernementale syrienne d'avoir mené au moins deux attaques chimiques au gaz de chlore dans le nord de la Syrie en 2014 et 2015, il a semblé mettre en cause la solidité des preuves avancées. "Ce n'est pas aussi simple que cela..c'est très compliqué", a-t-il affirmé.

Par contre les accusations portées contre le groupe Etat islamique lui paraissent solides. "Il est très important, a-t-il dit, de noter qe le rapport établit de manière catégorique que l'EI a utilisé du gaz moutarde".

Selon le rapport, que l'AFP a pu consulter, les enquêteurs ont conclu que des hélicoptères militaires syriens avaient répandu du gaz de chlore sur deux localités de la province d'Idlib (nord-ouest), à Talmenes le 21 avril 2014 et Sarmin le 16 mars 2015.

L'EI a de son côté utilisé du gaz moutarde à Marea (gouvernorat d'Alep, nord de la Syrie) le 21 août 2015.

Le groupe de 24 enquêteurs, baptisé Joint Investigative Mechanism (JIM, mission d'enquête conjointe), avait été mis en place en août 2015, par l'Onu et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

De précédents rapports de l'Onu ou de l'OIAC avaient confirmé l'utilisation d'armes chimiques dans la guerre en Syrie mais sans attribuer de responsabilité précise.

La Russie est prête à discuter avec Washington du rapport de l'Onu qui accuse le régime de Damas d'avoir mené des frappes chimiques en Syrie, mais elle veut d'abord étudier le document, a indiqué jeudi son ambassadeur.
"Nous avons un intérêt commun à décourager ce genre de choses, à les empêcher, même en pleine guerre", a déclaré Vitali Tchourkine à des journalistes.
Il a mis en garde contre la tentation de "tirer des conclusions hâtives" et a souligné qu'il ne fallait pas nécessairement s'attendre à "une confrontation entre la Russie et les Etats-Unis" sur ce dossier.
Le rapport, qui accuse aussi le groupe jihadiste Etat islamique d'avoir utilisé du gaz moutarde comme arme de guerre, doit être débattu mardi au Conseil de sécurité.
Washington, Londres et Paris poussent à ce que le Conseil prenne des mesures...