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Économie - Compte rendu

D’anciens actionnaires de la Lebanese Canadian Bank portent plainte contre Deloitte & Touche

La LCB avait été rachetée en urgence par la SGBL en 2011, suite à des accusations de blanchiment d’argent par le Trésor américain. Archives L'OLJ

Nest Investments Holding (NIH), ancien actionnaire de l'ex-Lebanese Canadian Bank (LCB), a porté plainte lundi contre le bureau Moyen-Orient du cabinet Deloitte & Touche, basé à Beyrouth, ainsi que contre le directeur associé de ce dernier, Joseph al-Fadl, ont rapporté plusieurs médias.
La plainte a été enregistrée au tribunal du Centre financier international de Dubaï (DIFC), une zone franche financière créée en 2004 et disposant notamment d'un cadre juridique et réglementaire indépendant.
Détenue depuis 1989 par l'homme d'affaires jordanien Ghazi Abu Nahl, NIH avait progressivement acquis 24 % du capital de la LCB entre 2005 et 2007. L'entreprise accuse aujourd'hui, avec une dizaine d'autres actionnaires minoritaires, le bureau régional de Deloitte & Touche Moyen-Orient (DTMO) d'avoir fait preuve de négligence dans leur audit du bilan de la LCB, ainsi que leur incapacité à dévoiler les activités de blanchiment d'argent de la LCB.
« DTMO a failli à sa mission en tant que cabinet d'audit parce que l'équipe de M. el-Fadl a laissé sa relation avec la direction et les actionnaires majoritaires de la LCB devenir compromise. (...) DTMO n'a pas réussi à adhérer aux hauts standards internationaux de Deloitte, en matière d'intégrité, de professionnalisme », a affirmé NIH dans un courrier électronique adressé au site d'informations en ligne Business Insider.
En 2011, la LCB avait été rachetée en urgence par la SGBL suite à des accusations par le Trésor américain de blanchiment d'argent, pour un montant totalisant environ 230 millions de dollars, provenant du trafic de drogue au profit du Hezbollah. De larges sommes en espèces étaient déposées dans des bureaux de change libanais détenant des comptes à la LCB, avant d'être transférées à des concessionnaires de voitures aux États-Unis. La LCB avait dû payer environ 100 millions de dollars afin de mettre fin aux poursuites engagées contre elle par le Trésor et le département de la Justice américains.

« Fermer les yeux »
« DTMO a choisi de fermer les yeux en livrant un audit et une vérification antiblanchiment d'argent trompeurs, ce qui a permis une propagation de la criminalité au sein de la LCB, qui a été complètement cachée aux actionnaires minoritaires et au marché », a en outre accusé NIH dans un communiqué relayé par le quotidien The Daily Star.
Contacté par L'Orient-Le Jour, DTMO a affirmé par courriel ne pas avoir été notifié, conformément au règlement du DIFC, de la plainte de NIH, avant d'expliquer qu'il ne peut « commenter ces allégations en raison d'une obligation de confidentialité envers (son) client », la LCB. « Nous avons servi notre client avec le plus haut niveau d'intégrité et de professionnalisme », a néanmoins ajouté la porte-parole du cabinet.
Ghazi Abu Nahl et sa société Nest Investments Holding avaient aussi porté plainte en décembre 2015 contre l'ancienne direction de la LCB devant le tribunal de New York. « Cette plainte (s'attaque) à un système international de blanchiment d'argent qui a été conçu, coordonné et mis en œuvre par (trois anciens dirigeants de la LCB) et les autres accusés pour favoriser les opérations de narcoterroristes internationaux, dont le Hezbollah, ainsi que pour remplir les poches des accusés », affirme un document déposé à cet époque au tribunal par les plaignants et cité hier dans The Daily Star.


Nest Investments Holding (NIH), ancien actionnaire de l'ex-Lebanese Canadian Bank (LCB), a porté plainte lundi contre le bureau Moyen-Orient du cabinet Deloitte & Touche, basé à Beyrouth, ainsi que contre le directeur associé de ce dernier, Joseph al-Fadl, ont rapporté plusieurs médias.La plainte a été enregistrée au tribunal du Centre financier international de Dubaï (DIFC), une...

commentaires (1)

ok, donc personne ne conteste le fait que la Lebanese Canadian Bank faisait du blanchiment d'argent a tour de bras. Et pendant ce temps, les auditeurs Deloitte & Touche ont soumis un rapport que la banque ne faisait pas de blanchiment... on arrive a un niveau de corruption au Liban inegalé

George Khoury

09 h 28, le 25 août 2016

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Commentaires (1)

  • ok, donc personne ne conteste le fait que la Lebanese Canadian Bank faisait du blanchiment d'argent a tour de bras. Et pendant ce temps, les auditeurs Deloitte & Touche ont soumis un rapport que la banque ne faisait pas de blanchiment... on arrive a un niveau de corruption au Liban inegalé

    George Khoury

    09 h 28, le 25 août 2016

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