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Syrie

Fin « pour le moment » des raids russes à partir de l’Iran

Les forces kurdes se sont emparées de la prison centrale de Hassaké et contrôlent désormais environ 90 % de la ville.

Des civils syriens fuyant les quartiers nord-est de la ville de Hassaké en raison de l’offensive opposant les combattants kurdes aux forces de...

L'Iran a annoncé, hier, l'arrêt « pour le moment » des raids menés par la Russie en Syrie à partir d'une de ses bases aériennes, après des critiques du ministre iranien de la Défense contre l'allié russe. Le ministre Hossein Dehghan, dans une interview télévisée dimanche, a critiqué Moscou pour avoir annoncé publiquement son utilisation d'une base en Iran en vue de mener des frappes en Syrie où il aide le régime dans sa guerre contre les rebelles et les jihadistes. « Naturellement, les Russes veulent montrer qu'ils sont une superpuissance et un pays influent (...) », mais, derrière l'annonce des raids à partir de l'Iran, il y a une volonté « de se mettre en avant, sans égard » pour l'Iran, a-t-il dit. Les raids survenus la semaine dernière faisaient partie d'une « mission précise et autorisée, et elle est maintenant terminée. Ils (les Russes) ont mené ces raids et ils sont partis », a expliqué, hier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bahram Ghasemi à des journalistes à Téhéran. Mais il a laissé la porte ouverte à d'autres éventuelles missions similaires russes, en soulignant que cela dépendrait de « la situation dans la région » et nécessiterait « notre autorisation ». L'ambassadeur de Russie à Téhéran, Levan Dzhagaryan, a pour sa part indiqué que tous les appareils russes avaient quitté la base iranienne de Hamedan (Nord-Ouest), tout en précisant que rien ne les empêchait de l'utiliser de nouveau à l'avenir. « Il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Si les dirigeants des deux pays le jugent nécessaire et tombent d'accord sur cette question, cela ne devra pas poser de problème, a-t-il dit, cité par l'agence russe Interfax. Pour l'instant, il n'y a plus de Russes sur la base de Hamedan. »

« Absolument inacceptable »
En Syrie, les forces kurdes contrôlaient, hier soir, près de 90 % de la ville de Hassaké (Nord-Est), après près d'une semaine de violents combats contre les forces du régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Cette ville était jusque-là contrôlée aux deux tiers par les forces relevant des services de sécurité kurdes (Assayech), le reste étant aux mains des milices prorégime des Forces de défense nationale (FDN). Les Kurdes contrôlaient hier soir la majeure partie de Ghweirane, le plus grand quartier de Hassaké où se trouve la prison centrale dans le sud de la ville, selon l'OSDH, qui se base sur de nombreuses sources à travers la Syrie. Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, avait peu auparavant rapporté que les forces kurdes s'étaient également emparées du quartier d'an-Nachoua et de plusieurs bâtiments du sud de la ville. Pour tenter de trouver une issue, une médiation russe était en cours hie, en début de soirée, à Hmeimim (Nord-Ouest), base aérienne utilisée par Moscou pour ses frappes contre les jihadistes en Syrie. Les Russes sont des alliés du régime qu'ils aident militairement face aux rebelles et aux jihadistes, mais entretiennent aussi de bonnes relations avec les Kurdes. La dissolution des FDN, accusées de provocation par les Assayech, est la principale revendication des Kurdes. « Nous réclamons la dissolution des FDN et que le régime cesse d'enrôler les jeunes (Kurdes) dans (son armée) pour qu'ils participent à sa guerre contre les rebelles », a indiqué Meskin Ahmad, une responsable de l'administration autonome instaurée par les Kurdes syriens depuis 2012. « Nous réclamons également que le régime cesse les arrestations de citoyens (à Hassaké)... Il s'agit de conditions non négociables », a-t-elle martelé.
De son côté, l'artillerie turque a bombardé hier séparément des positions kurdes et de l'État islamique (EI) dans le nord de la Syrie, à sa frontière, ont rapporté les chaînes de télévision turques. Les canons situés en territoire turc ont bombardé des cibles du mouvement jihadiste dans la ville de Jarablous, tenue par l'EI depuis 2013, et des positions du PYD (Parti de l'union démocratique), principale milice kurde de Syrie, aux alentours de Manbij, selon NTV et CNN-Türk. Quelques minutes auparavant, le Premier ministre Binali Yildirim a jugé « absolument inacceptable » la création d'une entité kurde dans le nord de la Syrie, où les combattants kurdes gagnent du terrain dans leurs offensives contre le groupe État islamique (EI).

« Nouvelle page »
Le Premier ministre turc a également appelé hier les grandes puissances mondiales, dont l'Iran, la Russie et les États-Unis, à unir leurs efforts pour ouvrir « une nouvelle page » en Syrie, ravagée par la guerre civile. « Il est d'une importance vitale d'ouvrir, sans perdre de temps, une nouvelle page en Syrie sur la base d'un modèle impliquant particulièrement la Turquie, l'Iran (...), la Russie, les États-Unis et des États du Golfe et l'Arabie saoudite », a déclaré Binali Yildirim au terme d'un Conseil des ministres à Ankara.
Pour sa part, le secrétaire d'État américain John Kerry a jugé « probable », hier à Nairobi, une prochaine rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov sur la Syrie, alors que les deux puissances discutent depuis plusieurs semaines d'une éventuelle coopération militaire pour y combattre les jihadistes. « Dans les jours à venir, nos équipes (américaine et russe) vont se réunir, et, en fonction de l'issue des discussions, il est très possible, même probable, que le ministre des Affaires étrangères (Sergueï) Lavrov et moi-même nous nous rencontrions », a ajouté le secrétaire d'État. « Mais, a-t-il précisé, cette décision sera prise en fonction de où nous en serons dans les jours à venir. »
Le chef des opérations humanitaires de l'Onu Stephen O'Brien a également fait part hier au Conseil de sécurité de sa colère devant la situation à Alep, qui risque selon lui de provoquer « une catastrophe humanitaire sans précédent » depuis le début de la guerre en Syrie. Il a aussi indiqué que des dizaines de camions de l'Onu étaient prêts à aller secourir les 275 000 habitants des quartiers est de la ville, coupés de tout depuis plus d'un mois, dès que tous les belligérants auront décidé une pause humanitaire d'au moins 48 heures. « Je ne peux pas le cacher, je suis en colère, très en colère », a-t-il lancé aux ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil, dénonçant « un carnage sans pitié » et un « comble de l'horreur » à Alep, ville située au nord de la Syrie.

(Source : AFP)


L'Iran a annoncé, hier, l'arrêt « pour le moment » des raids menés par la Russie en Syrie à partir d'une de ses bases aériennes, après des critiques du ministre iranien de la Défense contre l'allié russe. Le ministre Hossein Dehghan, dans une interview télévisée dimanche, a critiqué Moscou pour avoir annoncé publiquement son utilisation d'une base en Iran en vue de mener des...

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