Rechercher
Rechercher

Liban - Assomption

Pescheux : « Rien de ce qui frappe les Libanais ne laisse la France indifférente »

Mgr Boulos Matar a célébré à Beit Méry la messe de l'Assomption aux intentions de la France

La messe à l’intention de la France, un acte de mémoire et de fidélité.

C'est en élevant ses prières à « Marie qui défait les nœuds » que l'archevêque maronite de Beyrouth, Boulos Matar, s'est adressé hier au chargé d'affaires a.i. de l'ambassade de France, Arnaud Pescheux, au cours de la traditionnelle messe aux intentions de la France célébrée en la fête de l'Assomption, au siège d'été de l'archevêque maronite, à Beit Méry. Et c'est par un subtil et savant mélange de références religieuses et de constats politiques qu'il a laissé entendre que la paix est à la fois œuvre des hommes et don de Dieu.
Dans une allocution lue au cours du déjeuner qui a suivi l'office religieux, le chargé d'affaires a.i. a indirectement adhéré à l'hommage rendu à la Vierge Marie, en rappelant que Sa personne et Sa présence sont au Liban un facteur d'équilibre et de rapprochement interreligieux. « N'oublions pas, en ces temps où le dialogue interreligieux est si nécessaire, que Maryam est également honorée dans l'islam et souvent citée dans le Coran », a-t-il observé. L'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, se trouve en ce moment à Paris pour la conférence annuelle des ambassadeurs de la région Moyen-Orient-Afrique du Nord.
C'est sur un ton résolument sombre que l'archevêque de Beyrouth a prononcé son homélie, affirmant d'emblée que « pas un soleil qui se lève sans que nos oreilles n'entendent les récits horribles de ce qui se passe de par le monde. Un monde de démence dont seule une intervention divine pourra venir à bout ».
« Même si la France est officiellement laïque, a poursuivi Mgr Matar, elle se souvient toujours de ses racines chrétiennes (...). L'honneur que la Vierge Marie a fait à votre pays en y apparaissant à maintes reprises en plusieurs endroits – devenus depuis des lieux de pèlerinage mondial – ne peut être ignoré par respect humain, alors que partout surgit un fanatisme, destructeur et nihiliste.
Quand le pape François était encore archevêque de Buenos-Aires, il prônait déjà la dévotion à Marie qui défait les nœuds (...). Invoquons alors tous ensemble Marie par une prière, en Lui confiant tout particulièrement la France et l'Europe, le Liban et le Moyen-Orient. »

« Insuffisance des efforts internationaux »
Ce sont toutefois des propos plus « laïcs » que Mgr Boulos Matar a prononcés dans l'intervention qui a marqué le déjeuner qui a suivi la messe. Après une pensée aux victimes du terrorisme tombées en France ces deux dernières années, Mgr Matar a déploré « l'insuffisance » des efforts déployés par la France et la communauté internationale pour « proposer ou même imposer des plans de paix à faire accepter par les belligérants » au Moyen-Orient. Au passage, il a mis en garde contre « la perte » de la ville d'Alep, aujourd'hui épicentre d'une bataille féroce dont l'enjeu déterminera le cours de la guerre en Syrie. « Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat entre les belligérants de cette ville », a-t-il dit.
L'archevêque de Beyrouth a par ailleurs déploré le mauvais exemple qu'offre aujourd'hui le Liban, sur le plan constitutionnel, et invité ceux qui bloquent l'élection présidentielle à cesser de jouer avec le feu. « Si nous jouons ainsi avec la Constitution, en la bloquant si longtemps, qui empêchera, au prochain Parlement, que d'autres se jouent de la Constitution selon leurs intérêts de groupes ou particuliers et la bloquent pour des raisons diverses ? s'est-il demandé. C'est pourquoi il faut considérer la Constitution non seulement comme un système de gouvernement, mais comme un acquis historique précieux pour le Liban, à ne jamais perdre ni compromettre. Pour atteindre nos buts légitimes, il nous faut toujours trouver les moyens appropriés. »
Par ailleurs, comme en un désaveu du dérèglement du jeu démocratique auquel se livrent certains, Mgr Matar a affirmé : « La démocratie est inventée pour éviter les diktats de tout genre. Dans ce cas, le président le plus fort est le président qui se fait élire, qui gagne la confiance de la majorité du peuple, capable d'exprimer sa volonté. Pour aucune raison il ne faut arrêter le pays de vivre. »

Vacance présidentielle et rôle des chrétiens
« Rien de ce qui frappe les Libanais ne laisse la France indifférente », a déclaré de son côté le chargé d'affaires français, dans son discours prononcé au cours du repas qui a suivi l'office religieux. Au sujet du blocage politique, il a déclaré : « La vacance présidentielle affaiblit la capacité du pays à se protéger des tensions liées aux conflits régionaux. Elle empêche les chrétiens de jouer leur rôle indispensable dans la vie politique libanaise. Elle alimente une paralysie institutionnelle plus large, au sein du gouvernement et au Parlement, qui entrave notamment la bonne mise en œuvre des aides internationales. » Et M. Pescheux d'appeler « les partis politiques libanais à assumer leurs responsabilités et trouver les voies d'un compromis politique ».
Le diplomate a enfin créé la surprise en affirmant que la France, qui « se tient également aux côtés du Liban face au terrorisme » et dont « le soutien bilatéral à l'armée sera rapidement renforcé », s'est fixé pour objectif que « les équipements prévus dans le cadre du don saoudien soient livrés le moment venu à l'armée libanaise », alors même que l'Arabie saoudite a retiré son don.

C'est en élevant ses prières à « Marie qui défait les nœuds » que l'archevêque maronite de Beyrouth, Boulos Matar, s'est adressé hier au chargé d'affaires a.i. de l'ambassade de France, Arnaud Pescheux, au cours de la traditionnelle messe aux intentions de la France célébrée en la fête de l'Assomption, au siège d'été de l'archevêque maronite, à Beit Méry. Et c'est par un subtil et savant mélange de références religieuses et de constats politiques qu'il a laissé entendre que la paix est à la fois œuvre des hommes et don de Dieu.Dans une allocution lue au cours du déjeuner qui a suivi l'office religieux, le chargé d'affaires a.i. a indirectement adhéré à l'hommage rendu à la Vierge Marie, en rappelant que Sa personne et Sa présence sont au Liban un facteur d'équilibre et de rapprochement interreligieux....
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut