Le chef de l'exécutif afghan a sévèrement critiqué son allié Ashraf Ghani, le jugeant "inapte à présider" l'Afghanistan, un éclat public illustrant les profonds différends internes qui menacent leur gouvernement d'union fruit d'une médiation américaine.
Les déclarations d'Abdullah Abdullah interviennent à l'approche de la date limite fixée au gouvernement pour honorer le fragile accord de partage du pouvoir, obtenu après les élections de septembre 2014 marquées par des fraudes et dont les deux camps ont revendiqué la victoire.
D'ici septembre, le gouvernement est censé avoir réformé en profondeur le système électoral et amendé la Constitution afin de créer la fonction de Premier ministre pour M. Abdullah. Les observateurs estiment qu'il y a peu de chance que ce délai soit respecté, ouvrant la voie à une crise politique.
"Les réformes électorales étaient une des promesses faites lors de la formation du Gouvernement d'unité nationale. Pourquoi est-ce que ces réformes n'ont pas été mises en oeuvre", a lancé M. Abdullah lors d'un petit rassemblement à Kaboul jeudi soir.
Il s'est plaint que le président n'ait pas pris le temps de le recevoir ces trois derniers mois.
"A quoi passez-vous votre temps", a-t-il lancé. "Il y a des différends dans tous les gouvernements mais si quelqu'un n'a pas la patience de débattre, alors il est inapte à présider".
Déplorant des propos "ne correspondant pas à l'esprit ni aux principes de la gouvernance", le palais présidentiel a assuré que le gouvernement "continuera son travail", promettant "très bientôt des discussions sérieuses et efficaces".
M. Abdullah a également accusé M. Ghani de monopoliser le pouvoir et ne pas le consulter sur des nominations clés a gouvernement.
Les divisions entre les deux hommes sont un secret de polichinelle à Kaboul, mais une telle sortie publique donne un avant goût du "feu d'artifice politique" auquel les spécialistes s'attendent si l'accord obtenu sous l'égide des Etats-Unis n'est pas respecté. Cet accord prévoit en outre des élections législatives d'ici fin Septembre.
"Le gouvernement d'unité nationale est en danger", estime Jawed Kohistani, analyste politique basé à Kaboul. Une crise pourrait déstabiliser le gouvernement au moment où les insurgés talibans se sont rapprochés de Lashkar Gah, capitale de la province stratégique du Helmand, d'où provient 80% de l'opium mondial.
Les combats font rage dans cette zone du sud du pays, où l'armée afghane, en difficulté, a envoyé des renfort. Responsables américains et afghans ont assuré qu'ils ne laisseraient pas tomber la ville, mais des milliers de personnes ont fui les combats, entraînant des pénuries et une crise humanitaire.
Les déclarations d'Abdullah Abdullah interviennent à l'approche de la date limite fixée au gouvernement pour honorer le fragile accord de partage du pouvoir, obtenu après les élections de septembre 2014 marquées par des fraudes et dont les deux camps ont revendiqué la victoire.
D'ici septembre, le gouvernement est censé avoir réformé en profondeur le système électoral et amendé la Constitution afin de créer la fonction de Premier ministre pour M. Abdullah. Les observateurs estiment qu'il y a peu de chance que ce délai soit respecté, ouvrant la voie à une...


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