Il y a quelques semaines, après les attentats de Qaa, et alors même que le patriarche maronite, cœur farouche d'un Liban indépendant, visitait le village pour remonter le moral de sa population, Marwan Farès, député du Parti syrien national social, interrogé par politesse par la presse, y allait de nouveau de son refrain : Les Libanais et les Syriens sont un seul peuple en deux États.
Dans quelle prison intellectuelle, idéologique, vit toujours ce député qui croit rayer d'une phrase cent ans d'indépendance, d'histoire, de recherche et d'affirmation d'une identité ? Quel est donc ce mépris tenace pour l'histoire que nourrissent ceux qui refusent que la volonté de vivre en commun soit l'une des constituantes essentielles de l'identité nationale, en ces temps du droit des peuples à l'autodétermination ? Quel dommage, quel gâchis que des milliers de Libanais n'aient que du mépris pour une carte d'identité qu'ils croient encore transitoire ! Quel dommage qu'un aggiornamento de cette idéologie qui a fait son temps ne soit pas en cours et qu'elle continue de pousser deux Libanais à se regarder en chiens de faïence devant une cheminée depuis longtemps éteinte !
Tout comme le PSNS est bloqué, d'autres partis « idéologiques » le sont aussi. C'est le cas, par exemple, du PSP, qui s'est démarqué du « Liban d'abord » du courant du Futur par loyauté à la cause palestinienne érigée en doctrine politique au point de lui voir subordonnées, voire sacrifiées toutes les autres causes, y compris celle du Liban (ce parti doit d'ailleurs encore prouver aux Libanais qu'il peut être « socialiste », tout alourdi qu'il est de sa tradition féodale). C'est le cas de tous les groupuscules nassériens toujours travaillés par le grand rêve d'unité arabe alors même que ce « nationalisme » s'est effacé comme facteur d'intégration devant l'islamisme.
Ne parlons pas du Hezbollah dont l'idéologie, en dépit de certains thèmes exaltants qui s'y trouvent – il s'en trouve d'ailleurs dans toutes les autres formations –, est taillée à la mesure d'un rêve de grandeur iranien qui a beaucoup de mal à s'ajuster à la belle réalité libanaise et qui, sous le slogan de la justice pour la Palestine, cache mal un manque de pragmatisme qui s'explique par des inspirations religieuses anachroniques (ou encore a-chroniques). L'extrémisme, l'intangibilité de ces inspirations alimentent le clivage sunnito-chiite qui se manifeste à l'échelle de tout le monde arabo-islamique, condamnant le courant du Futur à des réflexes (politiques) conditionnés.
Ne parlons pas non plus des confréries islamiques qui s'érigent en acteurs politiques, comme celle des Frères musulmans (baptisés Jamaa islamiya au Liban), des Projets de bienfaisance islamique. Là aussi, l'idéologie masque et déforme la réalité et débouche sur un dogmatisme qui fragmente jusqu'à l'émiettement la mosaïque libanaise et empêche la belle personnalité libanaise d'émerger et de triompher.
Tout comme il existe des blocages au sein des partis idéologiques et religieux, il en existe dans les partis de personnalité.
Prisonniers, nous le sommes aussi, en effet, de notre passé momifié, de nos manies, de nos petitesses. Quelqu'un peut-il expliquer ce qui différenciait, après l'indépendance, le Destour du Bloc national, à part qu'ils étaient dirigés par des personnalités distinctes ? Et ce qui différencie aujourd'hui le parti Kataëb, le Courant patriotique libre, les Forces libanaises, les Marada et le Parti national libéral ? Ces partis sont-ils autre chose que des partis de personnalité chrétiens, tels que décrits par les constitutionnalistes, et ne sont-ils pas appelés à s'étioler et à disparaître avec la disparition des personnalités qui les ont fondés ?
Y a-t-il quelque signe de vie dans ce panorama de formations sclérosées, pétrifiées. Aucun. Quelques partis tentent d'en donner l'apparence. Ainsi, le PSNS vient de donner aux autres formations libanaises un semblant de leçon de démocratie, en désinvestissant Assaad Herdane de la présidence du parti, élu en vertu d'un de ces « gala-gala » dont le Liban a l'habitude : un petit amendement – pour une fois et à titre exceptionnel – autorisant M. Hardane à briguer un troisième mandat. La cour suprême du parti, saisie par des légitimistes, a cassé cette élection. Résultat, c'est Ali Kanso, un sosie politique d'Assaad Hardane, qui est élu. Les apparences sont sauves, mais pas le fond. C'est la même ligne syrienne inamovible qui triomphe. Pour le coup, ça ne valait vraiment pas la peine de contester M. Hardane.
Apparente leçon de démocratie chez les Kataëb où un vétéran, Sejaan Azzi, a été radié du parti pour ne pas s'être plié à la décision du parti, confondue avec la volonté d'un homme qui a l'âge de son fils. M. Azzi avait été « démissionné » de son poste ministériel sans même être consulté ; apparente leçon aussi au sein du CPL, dont trois hauts cadres viennent d'être radiés pour avoir critiqué publiquement leur parti, par un homme imposé à sa tête par son chef historique et qui, aux yeux de beaucoup, est aussi intelligent qu'antipathique.
Certes, on sait depuis Lénine que « le parti se renforce en s'épurant », mais l'on a eu le temps de savoir aussi, depuis Staline, à quelles extrémités mènent la décision de mettre le parti avant tout : aux procès et au goulag. Dans notre cas, au culte de la personnalité, à l'annihilation de toute contestation intelligente, à la dictature d'un nom et d'une famille, à la prolongation de cet état d'infantilisme politique où nous végétons.
À tous ces travers, il y a une réponse et une seule : l'écoute de la base. Partis, courants, formations, écoutez ce que les Libanais pensent et disent de vous.
Dans quelle prison intellectuelle, idéologique, vit toujours ce député qui croit rayer d'une phrase cent ans d'indépendance, d'histoire, de recherche et d'affirmation d'une identité ? Quel est donc ce mépris tenace pour l'histoire que nourrissent ceux qui refusent que la volonté de vivre en commun soit l'une des constituantes essentielles de l'identité nationale, en ces temps du droit des peuples à l'autodétermination ? Quel dommage,...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
IL N,Y A PAS D,IDEOLOGIES CHEZ NOUS... IL Y A DES ZAIMS PANURGES ET DES MOUTONS SUIVISTES ET BRELEURS ... DES ACHETES ET DES VENDUS... RARES SONT LES VRAIS LIBANAIS QUI PENSENT UNIQUEMENT : LIBAN !!!
09 h 26, le 11 août 2016