De nombreux responsables ainsi que le président Poutine ont jugé que des changements structurels étaient nécessaires pour réduire la dépendance...
La récession qui frappe la Russie depuis un an et demi est terminée, mais une période de « faible croissance » s'ouvre désormais, estime la Banque centrale dans un rapport de conjoncture publié hier.
« La récession est derrière nous et une faible croissance nous attend », écrivent les économistes de la Banque de Russie dans ce rapport.
L'institution estime désormais que le produit intérieur brut a enregistré une croissance de 0,2-0,3 % au deuxième trimestre par rapport au premier, en données corrigées des variations saisonnières, alors qu'elle prévoyait jusqu'à présent une stagnation.
Elle s'attend à une croissance de 0,4 % pour le troisième trimestre et de 0,5 % pour le quatrième. La Banque de Russie dit constater « une reconstitution des stocks de marchandises et de matériaux » et « une croissance fragile de la production industrielle » qui « doivent se transformer progressivement en taux de croissances plus fermes, bien que réduits ».
La Russie traverse une profonde récession depuis la crise monétaire provoquée fin 2014 par l'effondrement des prix du pétrole et les sanctions économiques imposées par les Occidentaux suite à la crise ukrainienne.
Cette contraction de l'économie russe, la plus longue depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au Kremlin il y a 16 ans, a été caractérisée par une envolée des prix et donc par une baisse brutale du pouvoir d'achat des ménages russes et de leur consommation.
Les nouvelles prévisions de la Banque de Russie, jusque- là très prudentes sur l'éventualité d'une fin de crise, correspondent avec les déclarations du ministre de l'Économie Alexeï Oulioukaïev, qui ne cesse d'affirmer depuis des mois que le pire est passé et que la croissance devrait revenir pendant l'été.
Plus prudent que la Banque centrale, Oleg Kouzmine, économiste de la banque Renaissance Capital, a jugé l'économie russe « proche du fond ». « Elle pourrait commencer à montrer une tendance positive au deuxième semestre à moins que les prix du pétrole ne baissent davantage », a-t-il estimé, interrogé par l'AFP. En termes de consommation des ménages, elle devrait « rester négative cette année, car les gens reconstituent d'abord les économies dans lesquelles ils ont puisé pendant la crise », a-t-il ajouté.
Si les avis divergent concernant la fin de crise, experts et autorités s'accordent sur le fait que la reprise sera très lente, contrairement au rebond qui avait suivi la crise de 2008-2009, et que le pays risque de rester englué dans une stagnation.
De nombreux responsables, jusqu'au président Poutine, ont jugé que des changements structurels étaient nécessaires pour réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures. Mais aucun plan d'action n'a été présenté jusqu'à présent et de nombreux économistes doutent de réformes avant la présidentielle de 2018.
L'adjointe du ministre des Finances, Tatiana Nesterenko, a récemment expliqué la stabilité apparente actuelle par le fait que l'État russe pouvait compenser la perte des revenus pétroliers en puisant dans les réserves accumulées en période de prix élevés des hydrocarbures.
« La situation extérieure et intérieure est telle que si nous ne changeons rien, nous n'aurons plus de réserves et plus les moyens de payer les salaires d'ici à la fin de l'année prochaine », a-t-elle déclaré à l'agence RIA-Novosti fin juillet, promettant que le gouvernement ne permettrait pas un tel scénario.
(Source : AFP)

