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Moyen Orient et Monde - Irak

Un mois après l’attentat de Karrada, le traumatisme reste profond

Le 3 juillet, à 01h00 du matin, un kamikaze à bord d’un minibus piégé tue 323 personnes en se faisant exploser dans une rue bondée du quartier...

Un mois après l'un des pires attentats jamais commis en Irak, à Bagdad le traumatisme reste profond même si on s'affaire à la réparation des énormes dégâts de cette attaque du groupe jihadiste État islamique (EI) qui a fait plus de 300 morts.
Le 3 juillet, à 01h00 du matin, un kamikaze à bord d'un minibus piégé tue 323 personnes en se faisant exploser dans une rue bondée du quartier commerçant et animé de Karrada, au cœur de la capitale. De nombreux habitants y faisaient leurs courses pour fêter la fin du ramadan.
Karrada est depuis devenu un lieu de recueillement. De nombreux Irakiens viennent allumer des bougies en hommage aux victimes, dont on a inscrit les noms sur des banderoles accrochées sur les lieux du drame. Sami Aziz comme d'autres commerçants du quartier qui se démènent encore un mois plus tard pour réparer leur magasin sont toujours hantés par la nuit de l'attentat. Des « familles en train de brûler sous mes yeux (c'est une image qui) ne peut être effacée » de ma mémoire, confie cet homme de 40 ans, propriétaire d'une boutique de vêtements. Un de mes enfants « était avec moi dans la boutique (...) il a été profondément affecté psychologiquement ». L'homme raconte qu'ils n'arrêtent pas de faire des cauchemars. « Je ne sors plus, de peur de ne plus revenir », dit-il encore.

« Le jour du jugement dernier »
Rami, un autre commerçant du quartier, a tourné des images de la rue peu après l'attaque. On y voit des flammes déferlant d'un bâtiment proche, des gravats recouvrant les trottoirs, et à droite un mur de feu et de fumée. « Ce n'était pas terrifiant, c'était plus que terrifiant », raconte-t-il. On dirait « le jour du jugement dernier ». L'attaque a détruit des bâtiments dont la construction a coûté plusieurs millions de dollars ainsi que les moyens de subsistance de nombreux commerçants, employés et familles. Une catastrophe à laquelle s'ajoute le deuil.
« Une femme est venue me voir hier. Son mari est mort, sa boutique a brûlé (...) Elle est seule avec son enfant. Elle a dit : "Je n'ai pas d'argent pour acheter du lait" », raconte Rami. Il dit que les réparations de sa boutique vont lui coûter entre 50 et 60 000 dollars, sans compter 100 000 dollars de marchandises perdues.
Ali Mohammad, 28 ans, était aussi dans sa boutique de vêtements lors de l'attentat, mais il en est sorti à temps : « À peine avais-je atteint la rue que le bâtiment entier était en feu », dit l'homme. Il a été blessé par des morceaux de verre. « Des explosions on en a vues, mais pas avec un feu si intense qui a tout brûlé. »

« Aussi importantes qu'en Occident »
Mohammad, propriétaire de nombreuses boutiques sur la rue sinistrée, explique lui que sa famille a perdu pour au moins un demi-million de dollars, et que pour l'instant ils ne réparent qu'un seul magasin. Le gouvernement n'a fourni aucune aide, déplore-t-il. « C'est dur, très dur, mais nous devons continuer à vivre. Nous ne pouvons quitter le pays, nous ne pouvons arrêter de travailler. »
Les Irakiens, comme les Syriens, déplorent souvent l'indifférence affichée selon eux en Occident devant les bilans humains souvent très lourds des innombrables attentats qui continuent de frapper leurs pays depuis plusieurs années. Mais après l'attentat dévastateur de Bagdad, des messages de solidarité envoyés de l'étranger ont été affichés mercredi place Tahrir, dans le centre de la capitale irakienne, où l'on distribuait des fleurs aux passants. Certains messages provenaient de villes, elles aussi endeuillées par des attaques de l'EI, comme Nice, où 84 personnes ont été tuées le 14 juillet lorsqu'un homme a foncé sur la foule à bord d'un poids lourd. « Mon cœur et mes pensées sont avec toutes les victimes, nous ne vous oublierons jamais », peut-on lire sur un message signé par Manon, de Nice. À l'initiative de l'événement, Ahmad Twaij a voulu souligner que les vies en Irak sont aussi importantes que celles en Occident...
W.G. DUNLOP/AFP

Un mois après l'un des pires attentats jamais commis en Irak, à Bagdad le traumatisme reste profond même si on s'affaire à la réparation des énormes dégâts de cette attaque du groupe jihadiste État islamique (EI) qui a fait plus de 300 morts.Le 3 juillet, à 01h00 du matin, un kamikaze à bord d'un minibus piégé tue 323 personnes en se faisant exploser dans une rue bondée du quartier commerçant et animé de Karrada, au cœur de la capitale. De nombreux habitants y faisaient leurs courses pour fêter la fin du ramadan.Karrada est depuis devenu un lieu de recueillement. De nombreux Irakiens viennent allumer des bougies en hommage aux victimes, dont on a inscrit les noms sur des banderoles accrochées sur les lieux du drame. Sami Aziz comme d'autres commerçants du quartier qui se démènent encore un mois plus tard pour...
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