HSBC a prévenu hier qu’elle pourrait subir à l’avenir un « impact important » des enquêtes ouvertes autour du cabinet Mossack Fonseca. Anthony Wallace/AFP
Les bénéfices de HSBC ont chuté au deuxième trimestre à cause d'une forte volatilité sur les marchés et du ralentissement économique chinois, et la banque s'attend à un environnement encore plus incertain à cause du Brexit.
Sur les trois mois achevés fin juin, HSBC a dégagé un bénéfice net de 2,61 milliards de dollars, en fort repli de 40 % sur un an. Son bénéfice avant impôts s'est élevé à 3,6 milliards de dollars, quasiment moitié moins qu'un an auparavant et en deçà des attentes des analystes sondés par Bloomberg.
Certes, le groupe a annoncé hier un vaste plan de rachat d'actions à hauteur de 2,5 milliards de dollars d'ici à fin 2016, financé par la cession, finalisée récemment, de ses activités au Brésil. Cela permettait à son action de bondir de 4,47 % à 504,4 pence, hier, à la clôture de la Bourse de Londres.
Mais le groupe reste à la merci de marchés agités. Le Brexit crée des turbulences sur les places financières et pourrait précipiter l'économie britannique dans la récession, tout comme l'essoufflement persistant de l'activité en Chine, marché-clef de HSBC, assombrit ses résultats et ses perspectives.
Le vote de juin entérinant le Brexit « n'avait pas été anticipé », a reconnu hier le président du groupe, Douglas Flint, tout en assurant que HSBC émergeait « en sécurité » de cette période volatile.
Lors d'une conférence de presse téléphonique, le directeur général, Stuart Gulliver, a précisé que la banque allait, avant de prendre toute décision, attendre le résultat des négociations entre Londres et Bruxelles sur le « passeport financier » européen.
Ce système permet aux employés spécialisés de la banque, basés à Londres, de vendre librement ses services financiers dans les 27 autres pays de l'UE. Ces personnes « pourraient à terme voir leur emploi impacté » si l'accès au passeport financier était refusé au Royaume-Uni après le Brexit, a prévenu M. Gulliver. Il a laissé entendre que dans ce cas, une partie des services offerts pourraient l'être depuis la France. M. Gulliver a en revanche été catégorique sur le fait que le siège mondial de la banque resterait bien à Londres, malgré le Brexit.
Impact de l'affaire Mossack Fonseca ?
Les comptes de la banque ont souffert en outre de lourdes dépréciation de créances: ces dernières ont bondi de 85 % à 2,37 milliards de dollars lors des six derniers mois, affectées par les difficultés des secteurs des hydrocarbures et des mines.
De façon générale, « nous entrons dans une période d'incertitudes renforcées, où les risques économiques seront éclipsés par les évènements politiques et géopolitiques », a averti Douglas Flint.
L'effondrement des cours du pétrole et les craintes sur le ralentissement économique chinois avaient alimenté en janvier et en février des mouvements de panique sur les marchés boursiers, et les segments marché et gestion du patrimoine de HSBC avaient particulièrement souffert.
Désormais, HSBC fait face de surcroît à la perspective du maintien de bas taux d'intérêt au sein des grandes économies, ce qui a tendance à réduire les marges des banques.
Dans ce contexte, le groupe continue sa cure d'amaigrissement visant à libérer des moyens pour lui permettre de s'ancrer davantage en Asie.
Ébranlé par les scandales et des résultats décevants, HSBC avait annoncé en juin 2015 qu'il se séparait de près de 50 000 employés dans le cadre d'un plan de restructuration planétaire, incluant la vente de ses activités au Brésil et en Turquie.
Du côté des affaires douteuses, la banque a prévenu hier qu'elle pourrait subir à l'avenir un « impact important » des enquêtes ouvertes de par le monde autour du cabinet Mossack Fonseca, au cœur du scandale des Panama papers, sans autre précision. Selon le journal Le Monde, c'est HSBC qui a eu le plus recours à ce cabinet d'avocats dans la tourmente, avec quelque 2 300 sociétés offshore créées. Elles sont soupçonnées d'avoir été utilisées pour dissimuler des données au fisc.
(Source : AFP)

