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Agenda - Élie Milad Assaf

Badoui le Grand

Lorsque vous vous trouvez en présence d'un érudit ou d'une sommité, vous ressentez souvent un certain trouble qui vous empêche de vous exprimer librement, par peur de ne pouvoir paraître à la hauteur. Mais avec Badoui Abou Dib, ce n'était jamais le cas, tant l'éminent avocat disparu mettait toujours à l'aise ses interlocuteurs en leur accordant attention et considération.
Pourtant le maître, le grand maître, le ténor, c'était lui. Il suffit de se référer à ses nombreuses plaidoiries dans les plus grands procès du Palais de justice pour mesurer et apprécier le travail sérieux et enrichissant qu'il fournissait. Les juges l'écoutaient avec un enthousiasme qu'ils parvenaient rarement à cacher, malgré l'obligation d'équidistance à laquelle ils sont tenus. Je ne peux ainsi oublier le moment où le président d'un tribunal s'est excusé auprès de tous les avocats présents dans la salle d'audience avant de se lever pour aller l'enlacer publiquement, ni lorsqu'un autre magistrat a demandé à des avocats d'écourter leurs plaidoiries respectives, tant il était pressé de savourer celle du grand maître. Mais profondément modeste, le regretté disparu ne s'enivrait jamais de tant d'appréciation, et en dépit de tous les efforts qu'il déployait pour mener ses difficiles missions, il ne cessait de répéter : « Ma conscience professionnelle me tue. »
Badoui Abou Dib, vous faites partie de la trempe des grands en voie de disparition, mais l'exemple d'excellence professionnelle, d'intégrité et d'humanisme que vous incarnez restera, lui, immortel.

Élie Milad ASSAF
Avocat

Lorsque vous vous trouvez en présence d'un érudit ou d'une sommité, vous ressentez souvent un certain trouble qui vous empêche de vous exprimer librement, par peur de ne pouvoir paraître à la hauteur. Mais avec Badoui Abou Dib, ce n'était jamais le cas, tant l'éminent avocat disparu mettait toujours à l'aise ses interlocuteurs en leur accordant attention et considération.Pourtant le maître, le grand maître, le ténor, c'était lui. Il suffit de se référer à ses nombreuses plaidoiries dans les plus grands procès du Palais de justice pour mesurer et apprécier le travail sérieux et enrichissant qu'il fournissait. Les juges l'écoutaient avec un enthousiasme qu'ils parvenaient rarement à cacher, malgré l'obligation d'équidistance à laquelle ils sont tenus. Je ne peux ainsi oublier le moment où le président d'un...