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Culture

Même à l’opéra, il y a une potion magique pour l’amour...

Art lyrique

« L'élixir d'amour » de Gaetano Donizetti est sur les planches du théâtre de l'Université Antonine (Hadeth-Baabda)*. Une kyrielle de chanteurs, de musiciens et deux chœurs pour parler du secret, de la magie et de la force d'aimer...

26/07/2016

Au total, plus de soixante-dix artistes (libanais et italiens), entre solistes, orchestre (les Jeunesses musicales de la Méditerranée-Palerme) et chœurs (l'Université Antonine et le Conservatoire national supérieur de musique) pour mener à bon port cet ambitieux projet d'un opus phare du répertoire lyrique. L'élixir d'amour, de Gaetano Donizetti, traduit en quatorze langues et dédié au beau sexe, d'après le compositeur. Œuvre généreusement plébiscitée par le public depuis sa création en 1832. Amusante, romantique, légère, bouffe et éminemment lyrique !
Deux actes alliant humour et situations invraisemblables pour fixer les sentiments entre une riche fermière cultivée et un jeune paysan timide mais éperdument amoureux. Un amoureux qui ira jusqu'à demander à un charlatan de docteur ce «philtre d'Yseult» pour séduire. Il n'aura en échange qu'une bouteille de bordeaux et le subterfuge marche... Car courage et déclaration de flamme vont de pair et la belle indifférente sera émue. Et elle répondra, au même diapason, à l'appel vibrant d'un cœur transi de passion.
L'occasion rêvée d'écouter de superbes arias, cavatines et duos dont, pour ne citer que cela, «Una furtiva lagrima» («Une larme furtive») – un moment de félicité éternisé avec Pavarotti, Caruso, Alagna, Florez – et «Quanto è bella, quanto è cara» («Comme elle est belle, comme elle m'est chère»)...

En modernité et libanité !
Petite rencontre avant le lever de rideau avec le metteur en scène, la scénographe et le chef d'orchestre, pour jeter un peu plus de lumière sur les détails de scène.
T-shirt moulant, barbe châtain clair, yeux rieurs, Roberto Catalano, sans faire une entorse au livret original de Felice Romani, assume une mise en scène tout en modernité et libanité ! En substance, il déclare: «J'ai transposé l'atmosphère aux années 1960, inspiré des comédies américaines. Notamment Barefoot in the park avec Jane Fonda et Robert Redford. Petit appartement de Manhattan pour Adina, ici étudiante, avec costumes et coiffures de l'époque, aux tons pastel. Il y a aussi un criminel (qui est en fait le charlatan Dulcamara) qui cache son magot dans un réfrigérateur... Et au lieu de donner du vin, il donnera de l'arak. C'est tout aussi enivrant! Une bonne rasade est toute indiquée pour s'encourager à faire la cour et bousculer les conventions... Le chœur, côté masculin, joue les ouvriers venus faire des réparations...»
Quant au scénographe Emmanuele Sinisi (professeur d'art à Venise), barbe sombre de pope, lunettes d'intellectuel et chaînette en cuir au cou, en toute complicité avec le metteur en scène qui parle des films de Billy Wilder et d'Alfred Hitchcock, déclare que le décor est limité à l'essentiel. Il précise: «Je n'ai mis sous les spots que les accessoires qui vont être utilisés par les chanteurs: un canapé, une table, un frigidaire, un décor à l'élégance et l'harmonie simples. Avec toujours cette atmosphères des films des années 1960...»
Maestro Toufic Maatouk, super actif en cette saison car il vient de signer plus d'un concert en un court laps de temps (Le Requiem de Mozart, Le Requiem de Donizetti et il donne le Gala lyrique au festival du Cèdre le 30 juillet), confie: «L'élixir d'amour de Donizetti est la quatrième production d'Opéra Studio, après Le Barbier de Séville de Rossini, Cosi Fan tutte et Les Noces de Figaro de Mozart. Cette œuvre du compositeur d'Anna Bolena et de La fille du régiment est d'abord une source de joie et elle représente, par excellence, le bel canto. À noter aussi et surtout le talent des jeunes chanteurs libanais qui ne cesse de grandir...»

*Une nouvelle production de l'Opéra Studio, en concours avec l'Université Antonine et le Conservatoire national supérieur de musique. L'opéra « L'élixir d'amour » de Donizetti est donné le mardi 26 et le mercredi 27 juillet à l'Université Antonine (Hadeth-Baabda) à 20h 30 précises.

Fiche technique

Directeur artistique de l'orchestre : Alberto Maniaci
Chef d'orchestre et des chœurs : père Toufic Maatouk
Chef de chant : Salvatore Signaldi
Mise en scène : Roberto Catalano
Scénographie : Emmanuele Sinisi
Costumes : Sarteria Pipi
Collaborateur à l'orchestre : Simone Piraino
Solistes : Nadine Nassar, Mira Akiki ( Adina), Federica Faldetta, Maria Daou (Gianetta), Marco Ciaponi (Nemorino), Cesar Naassy (Dulcamara), Francesco Vultaggio (Belcore).

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