Le ministre des Finances Mehmet Simsek a affirmé que « les fondamentaux de la Turquie sont sains. Il n’est pas nécessaire de paniquer. La...
Alors que les autorités s'empressaient d'apaiser les craintes des marchés sur les suites de la tentative de putsch de vendredi contre le président Recep Tayyip Erdogan, ces derniers ont semblé digérer les secousses initiales.
« Les fondamentaux de la Turquie sont sains. Il n'est pas nécessaire de paniquer. La stabilité de la Turquie a été renforcée », a affirmé le ministre des Finances Mehmet Simsek au journal Hurriyet.
La Banque centrale s'est, elle, rapidement engagée à allouer des liquidités illimitées aux banques en assurant, dans un communiqué, que « toutes les mesures seront prises pour assurer la stabilité financière si cela était jugé nécessaire ». La réunion de son comité monétaire, aujourd'hui, devrait être l'occasion de redonner plus de confiance aux marchés.
Aucun « développement inhabituel » n'a néanmoins affecté le secteur bancaire turc et les banques ne semblent ne pas avoir besoin des mesures de soutien de la Banque centrale, a déclaré le dirigeant de l'Association des banques turques à Bloomberg.
Dès la nouvelle du coup d'État vendredi soir, les craintes d'une instabilité politique prolongée en Turquie, un marché stratégique, ont entraîné une chute de 5 % de la livre face au dollar. Lorsque les marchés ont rouvert hier, les investisseurs semblaient réconfortés par l'échec du coup d'État et les affirmations des autorités selon lesquelles la stabilité financière ne serait pas compromise. La devise turque a donc repris des couleurs, s'échangeant à 2,97 pour un dollar. Elle avait connu une chute historique à 3,04 livres pour un dollar, dans la foulée du déclenchement du putsch.
La Bourse d'Istanbul, en revanche, fermée au moment du putsch, n'a encaissé le choc qu'hier, chutant de 7,08 % à 76 957,61 points. Les marchés redoutant que le président Erdogan ne renforce la concentration de ses pouvoirs.
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Baisse des cours du pétrole
L'agence de notation Standard and Poor's, qui considère la Turquie comme un pays à risque modéré, doit communiquer dans les prochains jours sur les conséquences de cette tentative de putsch sur la note du pays.
En attendant, son impact immédiat sur les cours du pétrole a déjà été estompé. Ces derniers ont ainsi légèrement baissé hier, les investisseurs intégrant rapidement un certain retour à la stabilité en Turquie. À New York, le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en août a perdu 71 cents à 45,24 dollars ; tandis qu'à Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a reculé de 65 cents à 46,96 dollars.
« Les échanges sont dominés par l'idée qu'il n'y aura finalement pas de problème avec le transport de pétrole par la Turquie, a estimé Mike Lynch, de Strategic Energy & Economic Research. C'était préoccupant vendredi, mais cela ne s'est pas concrétisé. Donc les investisseurs repassent à la vente. »
En raison de sa situation privilégiée entre des producteurs majeurs comme l'Irak ou la Russie, des millions de barils de pétrole passent chaque jours par la Turquie, que ce soit par des oléoducs ou la voie maritime.
« Qui plus est, la Turquie est aussi un important consommateur de pétrole, dont la demande a beaucoup augmenté depuis quelques années », ont remarqué les experts de Commerzbank, l'établissant à 850 000 barils par jour.
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