Le ministre britannique des Finances , Philip Hammond (à gauche), félicitait hier le PDG du japonais SoftBank, Masayoshi Son (à droite), pour le...
Le japonais SoftBank va racheter le fabricant de semi-conducteurs britannique ARM Holdings pour 24,3 milliards de livres, une opération facilitée par la chute de la livre sterling à la suite du Brexit.
Ce rachat amical entièrement en numéraire, pour l'équivalent de 32 milliards de dollars, est recommandé unanimement par les administrateurs d'ARM, ont annoncé les deux groupes hier matin dans un communiqué commun.
« Nous admirons depuis longtemps ARM comme une société du secteur de la technologie mondialement connue et leader dans son domaine », a expliqué le PDG de SoftBank, Masayoshi Son.
« C'est une de nos plus importantes acquisitions jamais réalisées et ARM devrait être un pilier important de la stratégie de croissance de SoftBank à l'avenir », a-t-il ajouté.
Cet investissement servira à capter « les opportunités très significatives de l'Internet des objets », a souligné Masayoshi Son, en référence au développement des objets connectés. ARM, qui fournit notamment des composants pour les iPhone de l'américain Apple, était considéré depuis longtemps comme une cible potentielle par les analystes.
Le concepteur de microprocesseurs, fondé en 1990, emploie 4 000 personnes dans le monde et estime que ses technologies sont employées dans 95 % des téléphones multifonctions, 80 % des appareils photos numériques et 35 % de tous les appareils électroniques.
SoftBank a fait part de son intention de maintenir le siège d'ARM dans la ville universitaire de Cambridge et d' « au moins doubler » le nombre d'employés de la société au Royaume-Uni sur cinq ans.
« La Grande-Bretagne n'a pas perdu de son attrait »
Ces gages visent sans doute à apaiser la nouvelle Première ministre britannique, Theresa May, qui a prôné une « véritable stratégie industrielle » pour le pays et s'est montrée réticente à voir des joyaux britanniques tomber dans des mains étrangères.
Mais le nouveau gouvernement britannique a salué hier « le plus gros investissement venant d'Asie » dans le pays, y voyant surtout le signe que le pays n'avait pas perdu de son attractivité malgré les turbulences et l'incertitude causées par le Brexit.
« La décision de SoftBank confirme que la Grande-Bretagne reste une des destinations les plus attractives dans le monde pour les investisseurs qui veulent créer de l'emploi et de la richesse », a commenté le nouveau ministre britannique des Finances, Philip Hammond.
Si les analystes estiment que ce rachat procède d'une vraie logique industrielle – alors que ARM a étendu son activité au-delà des mobiles vers les objets connectés –, il y voient aussi un effet d'opportunité. « On peut voir dans cette opération l'effet du Brexit et de la chute de la livre sterling, alors que les entreprises britanniques deviennent mûres pour être la cible d'offres de rachat », a commenté Neil Wilson, analyste chez ETX Capital.
La monnaie britannique a en effet perdu du terrain face aux autres principales devises à la suite du Brexit. Cela rend donc les sociétés britanniques relativement moins chères pour les investisseurs étrangers. « Beaucoup d'autres entreprises britanniques pourraient bientôt tomber dans les mains de l'étranger », a ajouté Neil Wilson.
ARM n'est toutefois pas vraiment bon marché pour SoftBank, d'autant que son action a nettement progressé ces derniers temps.
À la suite de l'annonce surprise de ce rachat, l'action ARM Holdings s'envolait encore de plus de 40 % hier matin.
(Source : AFP)

