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Liban - Éthique

L’autre viol de la jeune fille de Dahr el-Aïn...

Le Centre libanais pour les droits de l'homme (CLDH) a déposé la semaine dernière auprès du procureur général de la République une information judiciaire dénonçant la divulgation du nom de la jeune fille victime de viols à Tripoli.

Le 10 juillet dernier, une jeune fille de 16 ans, originaire du village de Dahr el-Aïn (Koura), était victime de viols perpétrés par trois jeunes hommes, Khaled M., Houssam D. et Nagib D., dans le quartier de Zahiriyé, à Tripoli. Les médias libanais sont venus ajouter au malheur de la jeune fille, en divulguant son nom qui est apparu pour la première fois sur le site Alkalima Online. Un autre viol en quelque sorte.

Après avoir attendu pendant une semaine que le site retire le nom de la victime ou que le procureur général de la République agisse sur ce plan, le Centre libanais pour les droits de l'homme (CLDH) a pris lui-même l'initiative de déposer une information judiciaire auprès du procureur dénonçant la divulgation par le site Alkalima Online des informations confidentielles concernant l'affaire.

Selon un communiqué de presse publié hier par le CLDH, « la divulgation du nom d'une mineure représente une violation de l'article 12 du décret 330/1962 daté du 14/09/1962 et de l'article 420 du code pénal qui interdisent et punissent d'une amende la publication des faits des enquêtes criminelles ou délictuelles avant leur lecture en audience publique ».

Le secrétaire général du CLDH, Wadih al-Asmar, a noté que « l'acte de divulgation est particulièrement dangereux, puisqu'il s'agit d'une affaire de viol et d'une victime mineure désormais exposée à de potentielles représailles et à une stigmatisation sociale dans une société conservatrice ».

M. al-Asmar s'est également attardé sur les divers informations et commentaires qui ont circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux portant atteinte à la vie privée de la victime. « Des commentaires sur Facebook demandaient de savoir si la jeune fille était vierge au moment de l'incident comme si la réponse à une telle question changerait quoi que ce soit au fait que le crime avait bel et bien eu lieu », s'est-t-il indigné.
Interrogé à propos de l'efficacité de la plainte portée par le CLDH, M. al-Asmar a assuré à L'Orient-Le Jour que « le centre suivra l'affaire de près, et qu'il s'agit surtout d'adresser un message aux médias et aux journalistes concernés pour qu'il n'y ait plus de récidives dans ce domaine ».

Assoiffés par la publication d'un scoop, les médias libanais comptent maints précédents de ce genre et diffusent régulièrement des informations confidentielles concernant des affaires en cours, censées être traitées uniquement par la justice libanaise.

Sur ce plan, le Dr Antoine Courban a dénoncé le « manque d'éthique et de déontologie professionnelles » de certains médias. « Un journaliste qui se substitue au juge de manière vulgaire et exhibitionniste reflète le signe d'une société malade », a affirmé le Dr Courban, avant d'ajouter : « C'est également le signe d'une justice qui ne remplit pas véritablement sa fonction. » Le Dr Courban a estimé qu'un « État est souverain dans la mesure où il est apte à protéger l'intégrité de chacun de ses citoyens ».

La jeune fille est donc actuellement victime d'un double crime : un viol perpétré par trois jeunes suspects et un voyeurisme pervers de la part de journalistes tenus de respecter l'intégrité morale, physique et psychologique des sujets. Dans cette même perspective, le Dr Courban a insisté sur « la responsabilité juridique du journaliste qui avait divulgué le nom de la victime pour la première fois et des journalistes qui avaient, par la suite, contribué à amplifier davantage la rumeur ».

Dès lors, seul le temps est réparateur du drame commis. Quelle que soit la sanction infligée aux suspects et aux médias concernés, les droits « violés » de la jeune fille ne sauraient être recouvrés. « Pourvu qu'un jour les souvenirs douloureux ne fassent plus souffrir », a conclu le Dr Courban.

 

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PAR CONTRE LES NOMS DES TARES DEVRAIENT ETRE DIVULGUES POUR LA SECURITE DE TOUTES LES FEMMES DE LA REGION...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

07 h 29, le 19 juillet 2016

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Commentaires (1)

  • PAR CONTRE LES NOMS DES TARES DEVRAIENT ETRE DIVULGUES POUR LA SECURITE DE TOUTES LES FEMMES DE LA REGION...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 29, le 19 juillet 2016

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