Nabih Berry. Photo Sami Ayad.
Le président du Parlement, Nabih Berry, a réitéré hier son attachement à l'accord de Taëf tout en souhaitant que les institutions jouent à nouveau leur rôle. M. Berry, qui s'exprimait à l'ouverture de la 2e édition de la conférence sur l'économie de la diaspora (voir page 8) organisée au Mövenpick, à Beyrouth, et parrainée par lui, a également déclaré que le Liban vaincra sa crise économique.
« L'accord de Taëf n'est ni un Coran ni un évangile, mais il n'y a pas mieux pour l'instant. Notre attachement à Taëf reste entier. Point à la ligne », a déclaré M. Berry. « Il est important de respecter cet accord avant de parler d'y introduire des amendements », a-t-il poursuivi, signalant clairement son rejet de la mise en place d'une constituante appelée à modifier le système politique du pays.
Le président de la Chambre a également exprimé le souhait que « les institutions jouent à nouveau leur rôle » et que « toutes les échéances constitutionnelles soient respectées, à commencer par l'élection d'un président de la République ». « Il n'y a pas de président au Liban alors qu'il y a des présidents d'origine libanaise dans les pays de la diaspora », a-t-il fait remarquer. Il a par ailleurs indiqué qu'« Israël essaie de détruire l'infrastructure du Liban et son économie et de le taxer de terroriste ».
M. Berry a en outre estimé que « le Liban vaincra sa crise économique grâce aux résidents et à la diaspora libanaise, et réussira à bâtir sa stabilité ». « Nous avons toujours eu espoir en la diaspora », a-t-il ajouté, avant d'appeler à renforcer les relations avec les émigrés libanais. « Nous n'avons jamais nié le fait que les pays du Golfe et notamment l'Arabie saoudite ont beaucoup donné au Liban, surtout lors de la guerre avec Israël. Toutefois, le Liban attend toujours des aides promises lors des sommets arabes depuis la Nakba en Palestine (1948) jusqu'aux événements de 2006. Même pas le tiers de ces sommes n'a encore été versé jusqu'à aujourd'hui », a dit M. Berry.
Sur le plan de la sécurité, le président du Parlement a de nouveau affirmé que la situation du pays était « meilleure que dans plusieurs pays européens ». « Mais nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers », a-t-il toutefois prévenu, appelant l'ensemble des formations politiques à « arrêter d'échanger des accusations ».

