Salva Kiir (portant un stetson) s’est adressé à la presse et à Riek Machar depuis l’enceinte du palais présidentiel. À ses côtés,...
Le président sud-soudanais, Salva Kiir, a appelé son rival Riek Machar au dialogue pour sauver le processus de paix au Soudan du Sud. « Je veux que le Dr Riek Machar, premier vice-président de la République, soit à mes côtés afin que nous puissions tracer la route à suivre », a déclaré M. Kiir, lors de sa première apparition publique depuis l'annonce du cessez-le-feu à Juba lundi soir, ajoutant : « Je ne veux plus d'effusion de sang au Soudan du Sud. »
Dans l'enceinte du palais présidentiel, d'où M. Kiir s'adressait à la presse, des douilles au sol, des impacts de balles sur les murs et des voitures en partie détruites témoignaient de la violence des affrontements. Aux côtés de M. Kiir, le président de la Commission de surveillance et d'évaluation de l'accord de paix, l'ex-président du Botswana Festus Mogae, a également appelé au dialogue. M. Machar, dont la base a été « détruite », se cache non loin de Juba, a assuré un porte-parole s'exprimant depuis Addis Abeba, selon lequel la vie de l'ex-rebelle « est en danger ».
Bien que le cessez-le-feu continuait d'être respecté hier à Juba, le patron des opérations de maintien de la paix de l'Onu, Hervé Ladsous, a assuré que l'organisation était « très inquiète » d'une possible reprise des combats, redoutant « qu'elle ne s'étende à d'autres parties du pays ». M. Ladsous a ainsi signalé une « mobilisation » des forces gouvernementales et rebelles dans la région du Haut-Nil, autour de Malakal et Leer. À Nimule, à 200 km au sud de Juba, un imposant convoi de camions militaires ougandais, escorté par 2 000 soldats et des véhicules blindés équipés de mitrailleuses, a franchi hier la frontière, pour sécuriser la route menant à Juba et évacuer des Ougandais bloqués par la flambée de violence. La mission ougandaise est censée durer deux ou trois jours, mais l'équipement emporté – tentes, matériel de cuisine – laisse à penser que l'armée est prête à rester plus longtemps, si nécessaire.
Juba a été de vendredi dernier à lundi le théâtre d'affrontements entre forces fidèles à M. Kiir et ex-rebelles aux ordres de M. Machar, mettant gravement en péril l'accord de paix, signé en août 2015, et forçant au moins 36 000 habitants à se réfugier dans les installations de l'Onu, les églises et les écoles de la capitale.
(Source : AFP)


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