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Moyen Orient et Monde

Cameron préside son dernier Conseil des ministres

Royaume-Uni

La nouvelle Première ministre britannique compte faire du Brexit un « succès ».

OLJ
13/07/2016

David Cameron a présidé hier son dernier Conseil des ministres, avant de céder aujourd'hui sa place à la tête du gouvernement britannique à la ministre de l'Intérieur Theresa May, qui va s'atteler à mettre en œuvre le Brexit. Il présentera également sa démission à la reine Elizabeth II après sa dernière prestation au Parlement, lors des questions hebdomadaires au Premier ministre en fin de matinée. « Theresa May et (le ministre des Finances) George Osborne ont rendu un vibrant hommage au Premier ministre », a déclaré le ministre de la Santé Jeremy Hunt à la presse en quittant le 10 Downing Street à l'issue du Conseil des ministres. De son côté, David Cameron s'est dit lundi « ravi » de laisser les clés à Mme May, 59 ans, qualifiant sa remplaçante de « solide et compétente ».
La deuxième Première ministre du pays après Margaret Thatcher (1979-1990) sera ainsi en fonctions moins de trois semaines après le vote des Britanniques pour sortir de l'Union européenne, qui a poussé M. Cameron, partisan du maintien dans l'UE, à démissionner. Cette nomination a été précipitée par la décision surprise lundi de la secrétaire d'État Andrea Leadsom, pro-Brexit, de jeter l'éponge, quatre jours seulement après avoir été sélectionnée comme finaliste pour la succession de M. Cameron. Mme May, qui s'était rangée dans le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, a affirmé lundi sa volonté de « négocier le meilleur accord » de sortie de l'UE et de faire jouer « un nouveau rôle dans le monde » à son pays. « Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès », a-t-elle martelé. Elle avait auparavant prévenu qu'elle ne comptait pas activer l'article 50 du traité de Lisbonne – qui permet de déclencher le processus de sortie de l'UE – avant la fin de l'année.
Du côté de l'Union européenne, la chancelière allemande Angela Merkel a demandé lundi soir au Royaume-Uni de clarifier « rapidement » ses intentions et le commissaire aux Affaires européennes Pierre Moscovici a appelé hier Theresa May à hâter les discussions entre l'UE et le Royaume-Uni sur le Brexit.

Une succession controversée
Initialement, Theresa May et Andrea Leadsom auraient dû être départagées cet été par un vote des 150 000 adhérents du parti, pour une annonce du résultat le 9 septembre. De ce fait, le quotidien de gauche Daily Mirror a dénoncé hier un « couronnement » et appelé à de nouvelles élections législatives, à l'instar des partis d'opposition travailliste, libéral-démocrate et Verts. « Il est inacceptable que Theresa May entre à Downing Street demain après avoir été couronnée par un petit cercle de 199 députés conservateurs, soit 0,0004 % de l'électorat britannique », s'insurge le tabloïd. Mais la semaine dernière, Mme May avait exclu de convoquer des élections anticipées, avant la prochaine échéance de 2020. De son côté, le Times souligne que Mme May a « moins de deux jours pour former son premier cabinet ».
Pour ce qui est de l'entourage politique de Theresa May, l'actuel ministre des Affaires étrangères Philip Hammond pourrait, selon les médias, hériter du poste de ministre des Finances occupé par George Osborne, qui le remplacerait lui au Foreign Office. Son gouvernement devrait aussi comprendre plusieurs figures pro-Brexit, dans une tentative d'apaiser un parti conservateur qui s'est déchiré sur le référendum et démontrer aux Britanniques qu'elle compte bien mettre en œuvre ce pour quoi ils ont voté. Le sort des trois principaux leaders de la campagne pro-Brexit, Boris Johnson, Michael Gove et Andrea Leadsom, demeure toutefois incertain.
Côté travaillistes, la guerre des chefs se poursuit : lundi, la députée Angela Eagle a annoncé qu'elle allait se présenter contre Jeremy Corbyn pour lui succéder à la tête du principal parti d'opposition. Triomphalement élu en septembre à la tête du Labour par les militants, M. Corbyn n'a jamais réussi à s'imposer auprès d'une majorité des cadres du parti, qui le jugent trop à gauche, et incapable de remporter des élections législatives. Les critiques ont redoublé depuis le vote pour le Brexit, avec une motion de défiance de 170 députés travaillistes et la démission des deux tiers de son cabinet fantôme. Le comité exécutif du parti s'est réuni hier pour décider si M. Corbyn peut automatiquement être candidat à son poste ou s'il doit recueillir le soutien de 50 députés pour concourir, ce qui pourrait s'avérer compliqué. S'il est réélu, des experts prédisent une possible implosion du Labour.
(Source : AFP)

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