Bernie Sanders, le 8 juin, lors d’un meeting à Washington. Molly Riley/AFP
D'un seul mot et du bout des lèvres, le sénateur Bernie Sanders a admis hier qu'il voterait pour sa rivale Hillary Clinton lors de l'élection présidentielle américaine de novembre, sans pour autant mettre un terme à sa campagne pour une « révolution politique ».
« Oui », a-t-il répondu sur la chaîne de télévision MSNBC, à la question de savoir s'il voterait pour Mme Clinton, qui l'a battu dans les primaires démocrates et devrait être désignée comme la candidate officielle du parti en juillet à la convention de Philadelphie. Elle affrontera le 8 novembre le républicain Donald Trump. « Je pense que ce qui compte à présent, c'est que je vais tout faire pour battre Donald Trump », a expliqué M. Sanders, répétant ses critiques contre un candidat républicain qui a fait de « l'intolérance » la « pierre angulaire » de sa campagne. Mais le sénateur de 74 ans, qui a récolté 13 millions de voix aux primaires démocrates et quelque 1 900 délégués pour la convention, a ajouté qu'il n'avait pas l'intention de suspendre sa campagne. « Pourquoi voudrais-je faire ça ? » a-t-il dit, quelques heures avant un nouveau meeting à Syracuse, dans l'État de New York.
Nettement plus à gauche que sa rivale, il a expliqué qu'il était en train de négocier avec le camp Clinton pour obtenir « le meilleur programme possible » pour le parti à la convention démocrate. Je « veux être sûr que le Parti démocrate devient un parti qui représente les gens qui travaillent, et non pas Wall Street », a insisté ce grand pourfendeur des marchés financiers, de l'« establishment » et des inégalités.
Sénateur « socialiste-démocrate » revendiqué du tout petit État du Vermont (nord-est), Bernie Sanders a été tout autant une surprise dans cette campagne présidentielle américaine que Donald Trump côté républicain. Peu connu, pas spécialement charismatique, il avait démarré sans un sou, et les experts prédisaient son élimination rapide. Mais il a été un adversaire beaucoup plus coriace que prévu pour Mme Clinton, attirant des foules immenses dans ses meetings.
(Source : AFP)

