En visite à Paris, hier, le président ukrainien Petro Porochenko a martelé qu’il n’y a « pas d’alternative » aux sanctions contre la Russie. Geoffroy Van der Hasselt/AFP
Les ambassadeurs des 28 pays membres de l'Union européenne (UE) ont approuvé hier la prolongation, pour six mois, des lourdes sanctions économiques décrétées contre la Russie à l'été 2014 pour son implication présumée dans le conflit ukrainien, ont indiqué plusieurs sources européennes.
La décision formelle doit encore être prise pour reconduire jusqu'au 31 janvier 2017 ces sanctions, qui arrivent à échéance fin juillet. Elles touchent notamment des banques et des entreprises pétrolières et de défense russes, et ont lourdement pénalisé l'économie de la Russie, qui a en retour décrété un embargo sur les importations agroalimentaires de l'UE. Initialement, les Européens prévoyaient d'adopter définitivement ces sanctions vendredi, afin de régler la question avant l'important sommet des chefs d'État et de gouvernement les 28 et 29 juin à Bruxelles, prioritairement consacré aux conséquences du référendum britannique sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. Mais deux États membres, la France et le Royaume-Uni, doivent au préalable informer leurs Parlements, ce qui pourrait retarder la procédure.
En visite à Paris, le président ukrainien Petro Porochenko a martelé hier qu'il n'y avait « pas d'alternative » à ces sanctions, qui ont durablement empoisonné les relations entre Bruxelles et Moscou. M. Porochenko a fait valoir qu'elles étaient « l'unique instrument » disponible pour faire pression sur la Russie et la contraindre à respecter les accords de paix de Minsk. Lundi, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, avait évoqué la nécessité de réfléchir à des « ouvertures » envers la Russie, avant le prochain renouvellement des sanctions attendu fin décembre. Fin mai, son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, avait lui aussi jugé possible une levée « graduelle » des sanctions en cas de progrès dans l'application des accords de paix de Minsk.
Paris et Berlin, qui ont négocié ces accords, devraient présenter une évaluation au plus tard à l'automne aux autres pays de l'UE. Certains d'entre eux, comme l'Italie, la Hongrie, la Grèce ou Chypre, ne font pas mystère de leur manque d'entrain pour prolonger ces mesures. La levée partielle ou totale des sanctions économiques visant Moscou a été liée aux accords de Minsk par les dirigeants européens dès mars 2015.
Hier, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répété qu'à ses yeux, il est « illogique de lier les sanctions à l'application par Moscou des accords de Minsk ». Il a rejeté la responsabilité de leur mise en œuvre sur les seules autorités ukrainiennes.
(Source : AFP)


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