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Économie - Éclairage

Le Luxembourg des affaires guette le Brexit

Certains analystes pense que les institutions financières établies à Londres vont perdre leur passeport européen si le Royaume-Uni quitte l’UE. Photo AFP

Officiellement, le Luxembourg souhaite ardemment que le Royaume-Uni reste dans l'UE. Mais en coulisses, l'importante place financière de ce pays fondateur de l'Union est bien décidée à ne pas laisser passer les opportunités d'un éventuel « Brexit ».
Le grand-duché considère qu'à long terme, l'UE sera « moins forte commercialement » sans le Royaume-Uni. Toutefois, certains analystes suggèrent que les institutions financières établies à Londres et actives sur le marché unique perdront leur passeport européen si le Royaume-Uni quitte l'UE. Pour la City de Londres, l'enjeu est crucial puisque le ministère britannique des Finances évalue à 100 000 le nombre d'emplois directement liés à l'exportation de services financiers dans l'UE, et qu'une partie de ces fonctions pourraient être relocalisées sur le continent.
Le Haut Comité de la place financière, un organe informel rassemblant des représentants du ministère des Finances et les principales sociétés du Luxembourg, a indiqué avoir examiné les différents scénarios. Quant au secteur bancaire luxembourgeois, déjà bien étoffé avec 143 établissements, il se prépare à l'arrivée de nouvelles banques, notamment celles d'origine non communautaire en provenance de Londres, en visant en particulier les institutions américaines, australiennes, canadiennes, suisses ou turques.
« Nous allons jouer la carte du headquartering » et inviter de grands groupes internationaux à établir leur quartier général européen au Luxembourg, a expliqué Serge de Cillia, directeur général de l'Association des banques et banquiers luxembourgeois (ABBL) qui mise essentiellement sur le créneau de la gestion de fortune et des fonds d'investissement. Serge De Cillia explique avoir déjà reçu des appels de banques sondant le terrain luxembourgeois alors que, selon le quotidien britannique The Times, HSBC et JPMorgan ont déjà envisagé le transfert d'activités au Luxembourg. Mais le changement éventuel ne surviendra pas au lendemain du référendum, notamment en raison de la longueur des procédures d'enregistrement.
Des banques chinoises sont déjà en approche. Les six principales sont déjà installées au Luxembourg, mais d'autres, « de deuxième division », selon les termes du ministre Gramegna, attendent l'issue du référendum britannique pour finaliser le lieu de leur implantation européenne. Le Luxembourg est en concurrence avec Londres sur ce dossier, ainsi que sur celui du siège européen de la jeune Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB).
Pierre SORLUT/AFP

Officiellement, le Luxembourg souhaite ardemment que le Royaume-Uni reste dans l'UE. Mais en coulisses, l'importante place financière de ce pays fondateur de l'Union est bien décidée à ne pas laisser passer les opportunités d'un éventuel « Brexit ».Le grand-duché considère qu'à long terme, l'UE sera « moins forte commercialement » sans le Royaume-Uni. Toutefois, certains analystes suggèrent que les institutions financières établies à Londres et actives sur le marché unique perdront leur passeport européen si le Royaume-Uni quitte l'UE. Pour la City de Londres, l'enjeu est crucial puisque le ministère britannique des Finances évalue à 100 000 le nombre d'emplois directement liés à l'exportation de services financiers dans l'UE, et qu'une partie de ces fonctions pourraient être relocalisées sur le...
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