Dix personnes ont été placées en garde à vue à Lille, après quelques heurts mardi en fin d’après-midi (photo). Hier, les hooligans russes se sont tenus à carreau pour éviter une disqualification à leur sélection. Leon Neal/AFP
Hôpital pour enfants attaqué par des casseurs, bataille de rues entre hooligans, policiers pris pour cibles... La France, pays-hôte de l'Euro de football, donne ces jours-ci l'image d'un pays débordé par les violences.
Le week-end passé, la France a découvert ahurie les images de bataille rangée entre hooligans anglais et russes à Marseille. Ces violents affrontements ont fait 35 blessés, dont trois graves, en dépit de la mobilisation de 1 200 policiers. « En France, nous avons perdu notre joie de vivre », résumait hier le quotidien britannique The Guardian. Et d'ajouter : « La France, un pays habitué au rire et à la légèreté, doit faire avec un nouveau sentiment : la fatigue. »
France-Russie est l'un des matches les plus rugueux de l'Euro, mais c'est sur le terrain diplomatique qu'il se joue. Moscou a condamné hier l'arrestation de 43 de ses supporteurs, la veille. « L'arrestation d'un autobus avec plus de quarante supporteurs russes par la police est un incident absolument inadmissible », a ainsi fustigé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant la Douma (Chambre basse du Parlement). Moscou a également convoqué l'ambassadeur de France en Russie, Jean-Maurice Ripert. « L'attisement des sentiments antirusses (durant l'Euro) est susceptible d'aggraver considérablement l'atmosphère des relations franco-russes », a menacé le ministère des Affaires étrangères après cette convocation. La France, elle, a reproché à la Russie d'avoir laissé ses hooligans les plus durs quitter le pays pour aller à l'Euro.
Les 43 supporteurs russes ont été arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient à rejoindre Lille. Ils ont été mis en garde-à-vue et transférés à Marseille dans l'enquête sur les violences de samedi. Onze ont été remis en liberté et les autres restent en garde-à-vue à Marseille pour un maximum de 48 heures, a indiqué une source proche du dossier. « Tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé à ces violences, ces combats de rues doivent être non seulement identifiés, mais surtout renvoyés », a insisté hier le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll.
« C'est pour les tarlouzes »
Toujours à Moscou, le président Vladimir Poutine a appelé les responsables russes à tirer les leçons des failles dans la gestion de la sécurité de l'Euro pour l'organisation du Mondial de football, qui doit se tenir en 2018 en Russie. Lors d'une réunion du Conseil de sécurité russe, « un échange a eu lieu sur la nécessité de tirer des enseignements de l'expérience française en matière de sécurité dans le contexte des préparatifs » pour le Mondial, a sobrement indiqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Au-delà des tensions diplomatiques, la crainte de nouveaux incidents causés par des hooligans à l'Euro reste vive. Dix personnes ont été placées en garde-à-vue à Lille, après quelques heurts mardi en fin d'après-midi, dans une ville placée sous très haute surveillance policière. Quatre d'entre elles (trois Russes et un Ukrainien) pourraient être expulsées, a affirmé hier la préfecture du département du Nord. Un bilan « extrêmement rassurant » à ce stade en termes de sécurité, selon elle. Le contexte laissait pourtant craindre le pire. « On se battra », avait assuré un supporteur russe à la sortie du train, hier matin, à Lille. « Peut-être aujourd'hui, peut-être aussi après-demain, qui sait ? Mais pas dans les stades, c'est pour les tarlouzes. C'est ici que ça se passe ! »
Enfin, aujourd'hui, pour éviter tout débordement, la vente à emporter d'alcool sera interdite dans un large périmètre autour du Stade de France, en vue du match jugé « à risque » Allemagne-Pologne, a annoncé la préfecture de Seine-Saint-Denis.
(Source : AFP)


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