En France, le ministère de l’Intérieur a rendu hier un hommage au policier français Jean-Baptiste Salvaing et à sa compagne Jessica Schneider assassinés lundi par Larossi Aballa.. Kamil Zihnioglu/Pool /Reuters
La police belge a été avertie que des combattants de l'État Islamique (EI) ont récemment quitté la Syrie pour commettre des attentats en Belgique et en France, rapportait hier la presse belge.
« Des combattants auraient quitté la Syrie il y a environ une semaine et demie afin de rejoindre l'Europe via la Turquie et la Grèce, en bateau, sans passeport », indique ainsi une note d'alerte envoyée ces derniers jours aux différents services de police belges et publiée hier par le quotidien La dernière heure (DH). « Ces personnes se sépareraient en deux groupes, l'un pour la Belgique, l'autre pour la France, afin d'aller commettre des attentats par groupes de deux. Toujours selon les renseignements recueillis, ces personnes seraient déjà en possession de l'armement nécessaire et leur action serait imminente », selon la même note d'alerte.
« Les informations dont il est aujourd'hui question dans certains médias constituent des informations non contextualisées et n'ont, en tant que telles, aucun impact direct sur le niveau de la menace actuel », a réagi dans un bref communiqué l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam), qui dépend du ministère de l'Intérieur. Malgré les renseignements faisant état du départ récent de combattants de l'EI, l'Ocam « a maintenu le niveau de la menace » inchangé à 3 sur une échelle de 4, souligne dans son communiqué l'institution chargée officiellement d'évaluer la menace terroriste et extrémiste en Belgique. Le niveau 3 signifie une menace « possible et vraisemblable », le niveau 4 une menace « sérieuse et imminente ».
Les services de sécurité, en France mais aussi en Belgique, craignent que des jihadistes profitent de l'Euro 2016 pour commettre de nouvelles attaques. Dans une vidéo enregistrée avant de mourir dans l'assaut de la police, le meurtrier d'un policier et de sa compagne lundi soir en région parisienne, Larossi Abballa, qui a prêté allégeance à l'EI, a appelé à faire de l'Euro de football que la France accueille jusqu'au 10 juillet « un cimetière ».
Divisions
Deux jours après cette attaque, la France était partagée hier entre recueillement et inquiétude. Le président François Hollande a participé à une minute de silence au ministère de l'Intérieur à la mémoire des deux victimes. Le moment de recueillement a également été observé dans tous les commissariats de police du pays, ainsi qu'à Magnanville, ville théâtre du drame à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Paris.
Mais loin de l'unité qui avait suivi les attentats de 2015, cette nouvelle attaque a suscité d'immédiates critiques de l'opposition de droite, qui ont poussé le Premier ministre socialiste Manuel Valls à monter au créneau pour défendre l'action des autorités.
Il a récusé tout « manque de discernement » ou « négligence » des services de renseignements et de l'antiterrorisme dans le suivi d'Abballa, au passé connu d'islamiste radical, qui avait été condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste. Le chef du gouvernement a prédit que la France, cible privilégiée de l'EI, serait frappée par de nouvelles attaques. « D'autres innocents perdront leur vie. C'est très difficile à dire (...), mais malheureusement c'est cette réalité », a-t-il lâché.
(Source : AFP)

