L’AIE anticipe, dans son rapport mensuel, « un marché pétrolier équilibré au second semestre 2016 », après un long épisode de surproduction massive. Photo archives AFP
La consommation mondiale de pétrole augmentera plus que prévu en 2016 et conservera sa vigueur en 2017, tandis que la production d'or noir faiblit : le marché devrait retrouver son équilibre au second semestre de cette année, selon l'Agence internationale de l'énergie.
La demande mondiale d'or noir devrait croître de 1,3 million de barils par jour (mbj) cette année, contre une anticipation précédente de 1,2 mbj, pour atteindre 96,1 mbj, a détaillé l'AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole publié hier.
« Ce taux de croissance est légèrement supérieur à la tendance précédente, principalement en raison de la faiblesse des prix du pétrole », qui stimule la consommation, notamment celle de carburant aux États-Unis, a précisé le bras énergétique de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).
La demande devrait progresser dans les mêmes proportions en 2017 et s'établir à 97,4 mbj, tirée essentiellement par les pays non membres de l'OCDE, qui devraient consommer la quasi-totalité de la croissance de 1,3 mbj attendue l'an prochain. L'Inde, la Corée du Sud et la Chine figureront parmi les pays les plus gourmands.
Face à cet appétit plus marqué pour l'or noir, la production de pétrole faiblit, ce qui conduit l'AIE à anticiper « un marché pétrolier équilibré au second semestre 2016 », après un long épisode de surproduction massive.
« En janvier, nous estimions que l'offre excédentaire serait de 1,5 mbj au premier semestre 2016. Aujourd'hui (...), il semble qu'elle se chiffrerait plutôt à 0,8 mbj », selon l'agence basée à Paris, qui représente les pays consommateurs de brut.
L'impact sur les prix, qui ont remonté depuis le plancher de 27,10 dollars le baril en janvier et flirtent désormais avec la barre des 50 dollars, devrait toutefois rester limité, a-t-elle estimé, en raison des stocks excédentaires restant à écouler.
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait déjà dit lundi entrevoir un rééquilibrage du marché pétrolier au cours des « prochains trimestres », estimant que la demande mondiale de produits pétroliers est en particulier tirée par les carburants.
Impact limité sur les prix
Le cartel, qui pompe environ un tiers du pétrole mondial, ne s'était ainsi pas fixé de plafond de production lors de sa réunion à Vienne le 2 juin, jugeant sa production « raisonnable » et validée par la progression des cours.
Sur le seul mois de mai, la production a atteint 95,4 mbj, soit près de 800 000 barils par jour de moins par rapport au mois précédent et 590 000 bj de moins sur un an, ce qui marque « la première baisse significative depuis le début de 2013 », a souligné l'AIE.
En cause, a-t-elle rappelé : le gigantesque feu de forêt dans la région de Fort McMurray, dans l'Alberta (ouest du Canada), qui a malmené la production du pays et, au sein de l'Opep, les attaques rebelles contre des installations pétrolières au Nigeria.
Ces interruptions ont contrebalancé les hausses observées au Moyen-Orient, notamment en Iran, dont la production devrait croître de 700 000 bj à un peu moins de 3,6 mbj en 2016. En tout, l'Opep a écoulé 32,61 mbj le mois dernier, en repli de 110 000 bj.
Jusqu'ici alimentée par le boom des hydrocarbures de schiste aux États-Unis, la production des pays hors Opep devrait pour sa part baisser de 900 000 barils par jour en 2016, contre une estimation précédente de 800 000 bj, pour atteindre 56,8 mbj.
Un léger rebond de 240 000 bj à 57 mbj est anticipé en 2017. La production de l'Opep devrait également croître « modestement ».
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine