Une Palestinienne à un checkpoint à Jérusalem. Thomas Coex/AFP
Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont pressés sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est pour la prière du premier vendredi de ramadan, malgré de nouvelles restrictions annoncées par Israël après un attentat meurtrier.
Deux jours après l'attaque la plus meurtrière commise par des Palestiniens contre des Israéliens depuis des mois, Israël a annoncé hier le bouclage des territoires palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza jusqu'à demain minuit, soulevant l'inquiétude de la communauté internationale. Deux exceptions ont toutefois été faites, pour les urgences humanitaires et pour les fidèles qui se rendaient hier à l'esplanade des Mosquées. Mais, dans les faits, les autorités ont là aussi imposé des limites : les hommes en dessous d'un certain âge (30, 35 ou 45 ans selon des sources israéliennes discordantes) étaient interdits de franchir les check-points.
Israël n'a pas voulu trop serrer la vis à un moment où les Palestiniens célèbrent le mois sacré du jeûne musulman et accordent beaucoup d'importance à la possibilité d'aller prier sur le troisième lieu saint de l'islam situé à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël.
Surveillé par les ballons d'observation et survolé par les hélicoptères, le vaste parvis était noir de monde autour du Dôme du rocher et de la mosquée al-Aqsa. Les policiers israéliens s'étaient déployés en nombre dans la veille ville que surplombe l'esplanade.
Si près, si loin
Avec 100 000 fidèles, le nombre a diminué de plus de moitié par rapport à 2015, a dit à l'AFP cheikh Azzam Khatib, le chef de la fondation islamique qui administre le site. La porte-parole de la police israélienne Luba Samri s'est contentée de parler de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Elle citait le chiffre de 80 000 en 2015.
Les Palestiniens accueillent les mesures annoncées par Israël avec un mélange de déjà-vu et de ressentiment face à ce qui relève selon eux du châtiment collectif et d'un empiètement israélien sur l'esplanade. « Il est vrai que nous ne vivons pas loin d'al-Aqsa, mais nous avons l'impression d'en être très éloignés à cause des checkpoints et des obstacles que l'occupant met sur notre route », disait Jannat Khaled, 48 ans, parmi les milliers de Palestiniens qui franchissaient le point de passage de Qalandia pour aller prier à midi à Jérusalem.
Le Haut-Commissariat de l'Onu aux droits de l'homme a condamné l'attentat mais s'est aussi dit « profondément inquiet » de la réponse israélienne qui inclut des mesures pouvant tenir de la « punition collective ». Le département d'État américain a dit « espérer » qu'Israël prendrait des mesures « destinées à ne pas augmenter encore davantage la tension ». Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a aussi estimé que le bouclage risquait « d'attiser les tensions ».
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine