«–Tu es belle. – Pourtant je viens de me réveiller. – J'aimerais te réveiller tous les matins.»
Pourtant elle n'a plus 20 ans, elle est fatiguée à force de courir toute la journée. Elle est fatiguée, pâle et cernée. Elle est belle ce matin parce qu'elle a bien dormi, parce qu'elle est bronzée et parce qu'une nuit d'amour – comme dirait Barbara Cartland – ça rosit les joues, fait briller les yeux. Mais ce n'est pas tous les jours comme ça. Les autres matins, elle se lève, met de l'anticerne et du blush (au moins), quand c'est pour traîner au lit avec l'homme qui gît sur l'oreiller. Elle en met même avant qu'il ne se réveille. Elle a envie d'avoir l'air reposé.
L'ennemi de la femme, ce n'est pas le temps. L'ennemi de la femme, c'est d'abord ce qu'elles croient que les hommes pensent d'elles. Le regard qu'ils posent sur elles. Sur leurs rides, leur cellulite, sur leurs corps. Le choix étant vaste, la comparaison est aisée. Plus mince, plus grande, plus fit... plus jeune surtout. À 20 ans, on est fraîche au saut du lit même quand on n'a dormi que 3 heures après une cuite pas possible. Évidemment qu'on n'a pas de bide ni de peau d'orange. On n'a pas accouché, pas élevé. On ne s'est pas réveillée 5 fois par nuit pour donner le biberon. On ne bosse pas vraiment, on bossaille un peu. On est jeune, c'est tout. Et c'est vrai qu'un grand nombre d'hommes – quel que soit leur âge – sont persuadés qu'ils ont toujours 20 ans et qu'une petite de 22 ans, c'est forcément mieux qu'une grande de 45. C'est ce que croient aussi un bon nombre de femmes.
Mais l'ennemi de la femme, ce n'est pas le temps. L'ennemi de la femme, ce sont surtout les autres femmes. Le regard qu'elles portent sur elles. Sur leurs rides, leur cellulite, sur leurs corps. Le choix étant vaste, la concurrence est rude. Taille 34 ou zéro, taille mannequin sans la taille, 2 heures de sport par jour, des abdos en tablettes de chocolat (chocolat qu'on s'interdit de manger), deux brocolis à midi, une endive à dîner, un Perrier et tranche de citron. Kate Moss plutôt que Monica Bellucci. Twiggy plutôt que Marilyn. La blonde incendiaire faisait du 42. Pas une taille 0 non stretch. Elle avait des mensurations ultrasex. Elle a fait fantasmer John, Bob, Yves, Henry et 90% des mâles de la planète. C'est que souvent les hommes préfèrent les formes, les fesses appétissantes, les hanches généreuses, les seins laiteux et les cuisses pleines. C'est plus agréable à caresser. Plus agréable que de caresser un fémur ou une omoplate. Quand l'épouse a la silhouette d'une stayket billard, la maîtresse est bien en chair. Bien évidemment, toutes les règles ont leurs exceptions. Certains mecs adorent les muscles, chérissent les cuisses fuselées et les os saillants. Tous les goûts sont dans la nature.
Mais quel que soit le cas de figure, le poids, la taille et l'âge, au diable les critères de beauté, les magazines et leur «objectif minceur», les tutoriaux pour « paraître plus jeune ». Au diable le size 36, le 85B, les liftings, les brushings, les manucures, la mésothérapie, les massages anticellulite qui font des ecchymoses aux jambes, les décharges électriques pour raffermir les poignées d'amour. Demain matin, je me lèverai telle qu'elle.
Elle, qui est belle au petit matin. Elle, qu'il aimerait réveiller tous les matins (pendant un certain temps, soyons lucides). Demain matin, je sortirai sans rien sur le visage même si on me demande pourquoi j'ai mauvaise mine. Demain matin, je laisserai mes cheveux sécher au vent, mes ongles au naturel. Demain matin, je me ferai une tartine de Nutella. Demain midi, je mangerai des frites. Je ne me laisserai pas aller, non pas du tout. J'assumerai. Mon corps, le mètre de circonférence de mes fesses, les ridules au coin des yeux, mon nez aquilin, l'intérieur de mes cuisses qui bouge quand je marche, mon petit bedon qui gonfle après un repas, les plis à la Renoir de ma taille. J'accepterai enfin qui je suis et ce que je suis. Au naturel. Je ne me laisserai pas aller, du tout. Même si tout ce que fait une femme est loin d'être de tout repos (quand elle sort) : épilation (ça fait mal, ça repousse, ça pique), maquillage (ça prend trois plombes à enlever après), cheveux (les mèches, la coiffure, le séchoir), outfit (ça doit être sexy, confortable, unique), talons (ça bousille les pieds), accessoires (c'est souvent lourd et on ne sait jamais où poser son sac en soirée) bla-bla-bla; tandis qu'un homme enfile un costard, un jeans, un tee-shirt et c'est bon. Oui, une femme peut le faire également.
Mais au fond, une femme est une femme. Et une Libanaise sera toujours une Libanaise.
L'ennemi de la femme, ce n'est pas le temps. L'ennemi de la femme, c'est d'abord ce qu'elles croient que les hommes pensent d'elles. Le regard qu'ils...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
JE PRECONISE DES -MIROIRS- QUI REFLETENT LA VERITE EN DECORTIQUANT L,ECORCE...
15 h 43, le 11 juin 2016