Une supportrice du Brexit, le 4 juin dernier, lors d’un rassemblement à Londres. Neil Hall/Reuters
Le ton est monté durant le week-end au sein des conservateurs britanniques qui se déchirent sur la place du Royaume-Uni dans l'Union européenne, à 18 jours d'un référendum au résultat extrêmement incertain selon les sondages.
Alors que le Royaume-Uni marquait hier le 41e anniversaire d'un précédent référendum sur l'Europe, l'ancien Premier ministre conservateur John Major s'est montré particulièrement virulent en dénonçant la « tromperie » des partisans d'un Brexit, les accusant de mener une campagne « profondément malhonnête » qui « frise le sordide ».
« La façon dont on trompe les Britanniques me met en colère », a déclaré John Major dans l'émission politique d'Andrew Marr sur BBC1.
À moins de trois semaines du scrutin du 23 juin, la moyenne des six derniers sondages réalisés par l'institut What UK Thinks plaçait hier les deux camps à égalité parfaite à 50 % chacun, en ne tenant pas compte des indécis.
John Major s'est inquiété que les Britanniques puissent voter en faveur d'un Brexit sur la base « d'une myriade d'informations inexactes ou carrément fausses » colportées par les partisans du Brexit. Celui qui a été Premier ministre entre 1990 et 1997 a ainsi contesté le chiffre « fictif » avancé par le camp pro-Brexit de 350 millions de livres versées chaque semaine par le Royaume-Uni à l'UE comme étant un exemple de « cette tromperie », parce qu'il ne tient pas compte du rabais britannique et des sommes reversées par Bruxelles aux différents secteurs du pays.
« Chèques sans provision »
Un chiffre que l'ancien maire de Londres et chef de file des pro-Brexit, Boris Johnson, est ensuite venu défendre, le qualifiant de « raisonnable. Nous avons perdu le contrôle de ces 350 millions » de livres, a-t-il dit, affirmant qu'un Brexit permettrait « de reprendre le contrôle » de cet argent et des frontières du pays. Il a également indiqué qu'en cas de sortie de l'UE, le Royaume-Uni ne ferait plus partie du marché unique européen et créerait « 300 000 nouveaux emplois ».
Dans une lettre à David Cameron, cosignée par le ministre de la Justice Michael Gove et la députée travailliste Gisela Stuart, il s'est à son tour jeté dans la bataille des chiffres en contestant celui avancé par la campagne du maintien dans l'UE selon lequel les foyers britanniques perdraient 4 300 livres par an à partir de 2030 en cas de sortie, le qualifiant « d'économiquement indéfendable ».
Dans cette dernière ligne droite des débats, l'immigration a également été sujet à discorde. John Major a ainsi dénoncé « la suggestion tout à fait erronée et répétée à plusieurs reprises » par les partisans de la sortie selon laquelle les Turcs s'apprêtaient à venir par millions au Royaume-Uni, alors qu'ils « ne vont pas rejoindre l'UE avant un très long moment, s'ils y entrent ».
Étrillé sur ce point par Andrew Marr, Boris Johnson a campé sur ses positions en répétant que « la politique gouvernementale était d'accélérer l'adhésion de la Turquie à l'UE ».
(Source : AFP)

