Des policiers et militaires ont dispersé avec des gaz lacrymogènes, hier à Caracas, une manifestation de quelques dizaines de personnes contre le...
Dans un Venezuela en plein chaos économique et politique, les opposants au président Nicolas Maduro devaient être fixés hier en soirée (tôt ce matin à Beyrouth) sur l'avenir du référendum pour révoquer le chef de l'État. Une réunion cruciale était prévue entre des représentants de la Table pour l'unité démocratique (MUD), coalition de centre-droit majoritaire au Parlement, et le Conseil national électoral (CNE). Les autorités électorales devaient ainsi valider ou rejeter les 1,8 million de signatures recueillies et présentées par l'opposition en faveur du référendum.
Le Venezuela est sous tension depuis la victoire des antichavistes (du nom de l'ex-président Hugo Chavez) aux législatives de décembre, une première en 17 ans. Dans ce pays pétrolier à l'économie dévastée par la chute des cours, les habitants manquent de tout (farine, médicaments, etc.) et, désespérés, ont parfois recours aux lynchages et pillages. Signe de la nervosité ambiante hier, quelques dizaines de manifestants, qui criaient « ce gouvernement va tomber » près du palais présidentiel, ont été dispersés avec des gaz lacrymogènes par des policiers et militaires déployés par centaines.
L'opposition, engagée dans un bras de fer avec le gouvernement socialiste, a mis en garde contre une « explosion sociale » si le référendum est retardé. « La pression sociale au Venezuela atteindrait des niveaux insoupçonnés », a prévenu le vice-président du Parlement, Enrique Marquez, pour qui seule cette « soupape » pourrait faire retomber la tension. Alors que la MUD compte sur la rue pour faire pression, le niveau de mobilisation semble limité par le déploiement policier, les soucis du quotidien et les divisions de l'opposition. Les antichavistes sont engagés dans un contre-la-montre : pour provoquer de nouvelles élections, ils doivent organiser cette consultation d'ici au 10 janvier 2017. Sinon, M. Maduro serait uniquement remplacé par son vice-président.
Si les autorités électorales, accusées de chercher à gagner du temps pour protéger le chavisme, valident 200 000 des signatures remises (le minimum requis), ce ne sera que le premier pas d'un long et fastidieux processus. Les premiers signataires seront appelés à confirmer en personne leur choix par empreinte digitale, puis la MUD devra rassembler 20 % de l'électorat (près de 4 millions de voix) en trois jours pour avoir formellement le droit d'organiser le référendum. Il faudra alors, pour écarter M. Maduro du pouvoir, dépasser son score obtenu en 2013 (7,5 millions de votes).
(Source : AFP)

