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Liban

Rifi : « Le changement ne saurait tarder »

Tripoli

Selon le ministre démissionnaire de la Justice, c'est à cause de « l'arrogance » de la liste opposée (parrainée par Nagib Mikati et Saad Hariri) à celle qu'il soutient à Tripoli que les chrétiens et les alaouites ne sont pas représentés au conseil municipal de la ville.

OLJ
31/05/2016

Les résultats officiels des élections de dimanche à Tripoli n'ont toujours pas été publiés, mais il est pratiquement acquis que c'est la liste soutenue par le ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, qui a remporté la majorité des sièges du nouveau conseil municipal.
M. Rifi a tenu hier une conférence de presse à son domicile pour commenter les implications du vote tripolitain, s'arrêtant en particulier sur l'absence de chrétien et de alaouite – si jamais elle se confirme au vu des résultats définitifs – au sein du nouveau conseil municipal.
Selon lui, la victoire remportée par la liste d'Ahmad Kamareddine, est « un cri retentissant face au partage politique des parts et aux alliances contre nature ». Le ministre démissionnaire a considéré que le changement qui s'est dégagé à la faveur des municipales dans plusieurs villes et localités libanaises « a été consacré à Tripoli et représente une victoire pour tous les Libanais opposés à un mandat au cours duquel la volonté et la dignité des Libanais ont été hypothéquées ». « Cette hypothèque n'est plus appelée à durer. Le changement ne saurait tarder », a-t-il martelé, en insistant sur le fait qu'il n'était pas question pour lui d'accepter que « les partenaires du Hezbollah, du régime syrien et de ses agents qui avaient fait sauter les mosquées al-Salam et al-Taqwa (en 2013) contrôlent le conseil municipal » du chef-lieu du Liban-Nord.
« Les Tripolitains ont prouvé qu'ils restent fidèles à la mémoire de Rafic Hariri et aux principes pour lesquels il avait été tué, lui et l'ensemble des martyrs de la révolution du Cèdre », a encore dit Achraf Rifi en expliquant que c'est parce qu'il voulait que « le pouvoir de décision à Tripoli reste aux mains de ses fils » qu'il avait soutenu « la liste qui représente la jeunesse de la ville ». Il a quand même félicité les candidats élus de la liste rivale, sans connaître bien entendu leur nombre exact, et exprimé l'espoir que le nouveau conseil municipal sera homogène et à la hauteur de la responsabilité qui lui a été attribuée, afin de pouvoir développer la ville.

Représentation des minorités
Le ministre démissionnaire a évoqué ensuite les premières informations selon lesquelles le panachage à Tripoli a été pratiqué au détriment des candidats chrétiens et alaouites des deux listes adverses. « Tripoli a été et restera la ville de la coexistence, où le musulman et le chrétien, le sunnite et le alaouite vivent ensemble. J'avais redouté dès le départ un déséquilibre au niveau de la représentation et j'avais pour cela pris contact avec les évêques de la ville afin de leur proposer une initiative que j'avais également soumise à la liste adverse : il fallait que les candidats chrétiens et alaouites soient les mêmes sur les deux listes. J'ai renouvelé ma proposition la veille des élections, mais malheureusement, elle a été ignorée. Je suis profondément triste à cause de ce résultat, et je m'engage à prendre toutes les mesures possibles et pratiques pour remédier à ce déséquilibre (...). Certaines forces ont pris à la légère mes contacts avec les chefs religieux chrétiens partant du principe que la liste que j'appuie n'allait pas gagner. C'est leur arrogance qui a provoqué ce problème au niveau de la représentation des minorités au conseil municipal », a déploré le général Rifi. La liste qu'il appuyait compte un seul candidat chrétien et un autre alaouite, contre deux de chaque communauté sur la liste adverse.
Il a rappelé les points sur lesquels il était en désaccord avec le chef du courant du Futur, Saad Hariri, qui parrainait la liste adverse, citant notamment son soutien à l'élection du chef des Marada, Sleiman Frangié, à la tête de l'État. « Il fallait tenir compte de la colère des Tripolitains. Il n'est pas possible, après 10 ans de militantisme, d'appuyer la candidature d'un adversaire à la présidence de la République », a-t-il fulminé, en adressant les mêmes reproches au chef des Forces libanaises, Samir Geagea, à cause de son soutien au général Michel Aoun.
Le général Rifi, qui s'en est également pris au Hezbollah, « à qui nous ne permettrons pas de faire du Liban une province iranienne », a insisté sur « le changement qui commence à prendre forme auprès des familles libanaises ». « Ce que la liste Beyrouth Madinati a réalisé (dans la capitale, face à la liste de la coalition des partis politiques) est un exploit extrêmement important sur lequel il faut s'arrêter, tout comme il faut s'arrêter sur les réalisations de la liste Baalbeck Madinati » qui avait fait face au Hezbollah, a-t-il affirmé.

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Gebran Eid

LE COUTEAU QUE LE SAOUDIEN SAAD HARIRI L'A FONCÉ DANS LE DOS DE GEAGEA ÉTAIT FATALE POUR LES DEUX. ÇA A POUSSÉ GEAGEA PAR VENGEANCE À SE JETTER DANS LES BRAS DU MERCENAIRE IRANIEN MICHEL AOUN POUR BLOQUER LA ROUTE À SLEIMAN 2. RIFI LE VRAI PATRIOTE A REFUSÉ DE JOUER À CE SALE JEU SUICIDAIRE ET A PRÉFÉRÉ DE DEMISSIONNER. MESSAGE REÇU, VOILÀ LES RÉSULTATS.

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