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Liban - Arrestation

Nabil el-Halabi a-t-il vraiment proféré des menaces de mort contre Machnouk ?

L'avocat proche de la mouvance islamiste et défenseur des droits de l'homme a été arrêté hier matin à son domicile, officiellement pour calomnie... L'affaire, entachée de zones d'ombre, enflamme les réseaux sociaux.

Sur sa page Facebook, Nabil el-Halabi fait part de son soutien à la liste parrainée par Achraf Rifi.

Sur sa page Facebook, une phrase en arabe : « Les FSI ont effectué une descente au domicile de l'avocat Nabil el-Halabi. Elles l'ont arrêté sur demande du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, pour calomnie... » Et un hashtag : « Répression des libertés de pensée et d'expression. »

 

Une arrestation corsée
Nabil el-Halabi, avocat, défenseur des droits de l'homme et directeur exécutif de l'Institut libanais pour la démocratie et les droits de l'homme (Life), a donc été arrêté hier à son domicile, avant 7 heures du matin, l'heure légale. Une arrestation plutôt corsée pour une personne accusée de diffamation. Non seulement « la porte du domicile a été forcée », comme le raconte sur Facebook son épouse, Nabiha Takieddine, mais « le militant a été menotté et emmené devant ses enfants qui se préparaient à aller à l'école ».

Pour rappel, Me Halabi avait accusé de corruption le ministère de l'Intérieur, et plus particulièrement le fonctionnaire Maher Abou el-Khoudoud, lorsqu'a éclaté le scandale de la prostitution forcée à Maameltein. Sur sa page Facebook où ont été postés hier plus d'un millier de réactions outrées et d'appels à la libération du militant, certains affirmaient que « Nabil el-Halabi paie le prix de la victoire de Rifi à Tripoli », d'autres évoquaient « un règlement de compte » entre Nouhad Machnouk et Nabil el-Halabi, voire « une vengeance du ministre », « une atteinte aux libertés individuelles » ou « un encouragement à la légalisation de la corruption politique ».

L'avocat, un ancien partisan du courant du Futur, considéré comme proche de la mouvance islamiste pour avoir joué un rôle dans les négociations avec les groupuscules islamistes à Ersal, a en effet déclaré ouvertement son appui à la liste parrainée par Achraf Rifi aux élections municipales de Tripoli. Au point de publier une photo de lui-même et du ministre démissionnaire de la Justice, montrant leurs pouces marqués à l'encre indélébile, sous le slogan : « Le droit finit toujours par triompher. » Il avait également ouvertement critiqué le ministre de l'Intérieur, à plusieurs reprises, sur Facebook.

 

Vengeance ou intimidation ?
Cela n'explique pas pourquoi Nabil el-Halabi a été arrêté. S'agit-il d'un règlement de compte ou d'une intimidation ? Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministère de l'Intérieur s'est abstenu de se prononcer. « L'affaire est entre les mains de la justice, M. Halabi faisant l'objet d'une accusation plus grave que la diffamation et la calomnie », s'est contentée de dire une source du ministère, laconique.

De son côté, le militant Wadih Asmar, fondateur du Centre libanais pour les droits humains (CLDH), a indiqué à L'OLJ que la diffamation est « considérée comme un délit d'opinion. Elle ne justifie donc pas l'arrestation d'une quelconque personne ». Et d'ajouter que, sur demande de la justice, l'ordre des avocats a levé l'immunité de Nabil el-Halabi il y a un mois environ. « L'ordre a considéré que les critiques de l'avocat envers Nouhad Machnouk ne se situaient pas dans le cadre de l'exercice de sa profession », a-t-il souligné. En revanche, M. Asmar craint fort que l'affaire ne soit « préméditée » et que l'arrestation ait eu lieu « dans la foulée des élections municipales ». Elle pourrait fort bien être une « vengeance personnelle de Nouhad Machnouk » envers celui qui aurait été « à l'origine du bruit autour de la vidéo montrant les exactions des forces de l'ordre à l'encontre des prisonniers islamistes, à Roumieh ».

Black-out total sur l'affaire, hier soir, tant du côté de l'ordre des avocats que de la famille du militant interpellé. Une source proche de la justice révèle toutefois à L'OLJ que Nabil el-Halabi « a proféré des menaces de mort contre le ministre Nouhad Machnouk. Ce qui justifie l'autorisation donnée par l'ordre des avocats à la justice de poursuivre l'avocat, et la demande de Nouhad Machnouk de l'arrêter. L'affaire est donc entre les mains du juge d'instruction Raja Hammouche ». Soit. Qu'attendent alors les autorités pour en divulguer les preuves ?

 

Pour mémoire

L'ordre des avocats lève l'immunité de l'avocat et militant des droits de l'homme, Nabil Halabi

Ahdab dénonce la levée de l'immunité de Nabil Halabi

Sur sa page Facebook, une phrase en arabe : « Les FSI ont effectué une descente au domicile de l'avocat Nabil el-Halabi. Elles l'ont arrêté sur demande du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, pour calomnie... » Et un hashtag : « Répression des libertés de pensée et d'expression. »
 
Une arrestation corséeNabil el-Halabi, avocat, défenseur des droits de l'homme et...
commentaires (6)

A une eau stagnante, on n’apprend pas les marrées !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

17 h 28, le 31 mai 2016

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • A une eau stagnante, on n’apprend pas les marrées !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    17 h 28, le 31 mai 2016

  • À 80 % RIFI PEUT FERMER COMPLÈTEMENT TRIPOLI ET EXIGER LA DÉMISSION DE MACHNOUK.

    Gebran Eid

    17 h 25, le 31 mai 2016

  • Qu'on m'explique un peu comment peut on être islamiste et défenseur des droits de l'homme ??? De quel genre d'hommes on parle , pour défendre ??? houlà là là ... ça carbure à l'encens là ...

    FRIK-A-FRAK

    17 h 02, le 31 mai 2016

  • Mais, quels "jolis" dehors se donne donc l'accusateur mensonge !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 58, le 31 mai 2016

  • CE N,EST POINT ETRANGE A LA VICTOIRE DE RIFI...

    LA LIBRE EXPRESSION

    12 h 12, le 31 mai 2016

  • "Qu'attendent alors les autorités pour en divulguer les preuves ?" ! Maybe d'ordres venant de "l'étranger" ou d'encore plus "haut" ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 09, le 31 mai 2016

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