Pour le ministre français des Finances, Michel Sapin, le futur plan d’action permettra notamment de « bien échanger entre les organismes de...
Les grands argentiers du G7, réunis au Japon, ont décidé de muscler leur offensive contre le financement du terrorisme, via un plan d'action qui sera entériné lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement cette semaine.
Les débats ont aussi été occupés par le brûlant sujet du Brexit, « un choc » qui fragiliserait une croissance déjà poussive, tandis que le Japon, qui avait récemment ravivé le spectre d'une « guerre des monnaies », était rappelé à l'ordre.
Dans un document final, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés ont réaffirmé samedi leur « engagement à contrer le financement du terrorisme, qui fournit aux terroristes les moyens de commettre leurs attaques, d'alimenter leurs réseaux et de diffuser leur idéologie via la propagande ».
La mise en œuvre sera « rapide », dans la foulée du sommet organisé les 26-27 mai à Ise-Shima, a assuré à l'AFP le ministre français des Finances, Michel Sapin.
Il s'agira d'abord de « bien échanger entre les organismes de renseignement dans le domaine financier de manière à ce que ce qui se passe dans un pays soit connu du pays d'à côté », a-t-il expliqué. Il faudra aussi « lutter contre l'anonymat : des cartes prépayées mais anonymes, des mouvements de cash (...) Il faut des traces », a-t-il ajouté. Autres actions promises : mieux collaborer dans la mise en œuvre des sanctions financières et renforcer le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux.
Sujet incontournable, le ralentissement économique mondial était dans tous les esprits. « Si l'économie américaine continue de se renforcer, la reprise reste inégale sur le globe et les risques se sont accentués depuis l'an dernier », a relevé le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew. Aucune réponse coordonnée n'a cependant été apportée, le G7 se bornant à plaider pour l'utilisation « équilibrée » de tous les outils monétaires, budgétaires et structurels, tout en appelant à « ne pas cibler les taux de change » et à « éviter les dévaluations compétitives. »
Ce sujet a donné lieu à une passe d'armes feutrée entre les États-Unis et le Japon, qui avait récemment menacé d'intervenir pour freiner la hausse du yen.
Enfin, à l'approche du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévu le 23 juin, tous ont parlé d'une même voix pour souligner le danger d'un tel scénario. À l'heure où « les incertitudes » sont nombreuses, avec les conflits géopolitiques, le terrorisme, l'afflux de réfugiés, « le choc d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne complique l'environnement économique mondial », ont insisté les grands argentiers du G7.
(Source : AFP)

