Selon le ministre de l’Intérieur vénézuélien, Gustavo Gonzalez, la police a procédé à sept arrestations à Caracas lors des manifestations. L’opposition, elle, a fait état de 17 arrestations et divers incidents à travers le pays. Federico Parra/AFP
Au lendemain des manifestations contre le président réprimées à travers le pays, l'opposition vénézuélienne maintenait hier la pression sur place et au niveau international pour faire partir Nicolas Maduro, qui s'accroche au pouvoir et menace de renforcer les mesures de sécurité.
L'opposition vénézuélienne avait manifesté mercredi pour exiger l'organisation d'un référendum en vue de révoquer le président Maduro, une initiative à laquelle les autorités ont opposé une fin de non-recevoir même si la commission électorale doit encore se prononcer officiellement sur cette demande. Alors que les craintes se multiplient à l'étranger, Henrique Capriles, candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2013 face à M. Maduro, a appelé sur son compte Twitter à la désobéissance au terme de cette journée de mobilisation. « Nous, les Vénézuéliens, ferons en sorte que (Nicolas) Maduro respecte la Constitution ! Son décret a été rejeté (par l'Assemblée), il est considéré nul et personne ne doit le respecter ! » a déclaré M. Capriles, qui avait récemment appelé l'armée à choisir son camp : celui du président ou celui de la Constitution.
Mercredi soir également, le président vénézuélien avait menacé de relever le niveau de l'état d'exception qu'il a décrété, si des violences de la part de l'opposition devaient avoir lieu. « C'est un recours dont je dispose en tant que chef d'État, si le Venezuela est le théâtre de violences en vue d'un coup d'État, et je n'hésiterai pas à le décréter si cela était nécessaire pour combattre en faveur de la paix et la sécurité de ce pays », a-t-il déclaré.
Les défilés de protestation avaient eu lieu mercredi dans une vingtaine de villes, dont la capitale Caracas où des centaines de policiers en tenue antiémeute, certains à moto, ont fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc pour disperser un millier de manifestants. « Maduro dehors ! » et « Référendum, référendum ! » criait la foule. Selon le ministre de l'Intérieur, Gustavo Gonzalez, la police a procédé à sept arrestations dans la capitale. M. Capriles a, lui, fait état de 17 arrestations et divers incidents à travers le pays.
Craintes internationales
Cette brusque montée de tension dans ce pays pétrolier à l'économie ravagée (inflation de 700 % prévue par le FMI pour 2016) a soulevé les inquiétudes à travers le monde. Refuser d'écouter l'opposition fait de Nicolas Maduro un « dictateur en herbe », a commenté le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), l'Uruguayen Luis Almagro. Une délégation de députés de l'opposition vénézuélienne devait rencontrer hier soir à
Washington M. Almagro, pour lui remettre un « rapport sur la situation » du pays.
D'anciens chefs d'État ou de gouvernement, comme l'Espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, étaient présents ces jours-ci à Caracas pour tenter de rétablir un dialogue entre le gouvernement chaviste et les antichavistes. Les États-Unis, que M. Maduro accuse de préparer une intervention et une intrusion dans l'espace aérien vénézuélien, se sont dit « profondément préoccupés » par les violences exercées sur les manifestants et ont démenti l'intrusion.
Des manœuvres militaires ont été programmées pour la fin de semaine, aujourd'hui et demain, par M. Maduro. Tandis que son vice-président Aristobulo Isturiz incite l'opposition à patienter jusqu'au prochain scrutin présidentiel.
(Source : AFP)

