Le PDG de Suzuki, Osamu Suzuki, lors d’une conférence de presse hier. Thomas Peter/Reuters
Après Mitsubishi Motors, le constructeur japonais d'automobiles Suzuki a avoué à son tour avoir mené des tests selon une méthode non homologuée, mais il a démenti avoir agi ainsi pour embellir les valeurs, à la différence de son compatriote.
Suzuki, sommé – comme ses rivaux – de vérifier ses pratiques à la suite de l'affaire Mitsubishi Motors, a rendu sa copie hier au ministère des Transports.
« Des irrégularités ont été trouvées dans les procédures de tests des niveaux d'émission et des performances énergétiques », a reconnu le groupe dans un communiqué, mais « l'enquête interne n'a pas conclu à une tricherie, telle que la manipulation de données », a-t-il assuré. Les valeurs obtenues via cette méthode ne sont pas fausses, a insisté Suzuki.
Les 16 modèles commercialisés au Japon sont concernés, soit un total de 2,1 millions d'unités, a détaillé le patron, Toshihiro Suzuki, lors d'une conférence de presse. Le problème, qui remonte à 2010, « ne s'applique pas aux produits vendus en dehors du Japon », a précisé le constructeur. Il blâme la localisation du circuit de tests, situé « sur une colline près de la mer, avec des conditions météo – vent notamment – affectant les mesures ». Le groupe, spécialisé dans les minivoitures et très bien implanté en Inde, vend près de 3 millions d'automobiles par an et est aussi connu pour ses deux-roues, représentant près de 10 % des recettes.
Cette annonce intervient peu de temps après l'aveu de manipulation de données et falsification de tests par Mitsubishi Motors Coporation, qui a depuis vu ses commandes plonger dans l'archipel. L'affaire a déjà fait tomber des têtes : le patron de la compagnie, Tetsuro Aikawa, a décidé de démissionner pour « les soucis causés », a annoncé le groupe hier, à l'occasion de la remise d'un nouveau rapport au ministère. Outre les quatre minivéhicules déjà cités, il a précisé que d'autres modèles étaient concernés, dont son emblématique 4x4 hybride Outlander PHEV.
Si Suzuki n'a pas triché comme il l'affirme, les dégâts seront moindres, a commenté Koji Endo, analyste chez Advanced Research Japan. « Mais même dans ce cas, l'utilisation d'une méthode différente de celle autorisée par le gouvernement est un problème », a-t-il estimé. « Et comme les ventes de Suzuki au Japon sont bien plus importantes que celles de Mitsubishi Motors (plus de 600 000 voitures vendues en 2015, contre 100 000), l'impact sur le marché intérieur risque d'être important », a-t-il prévenu.
(Source : AFP)

