Le député Ghazi Youssef. Photo Al Markazia
Le Hezbollah a lancé jeudi une offensive d'une virulence rare contre la Banque du Liban (BDL) avec un communiqué du bloc de la Fidélité à la résistance accusant la Banque centrale « de contribuer à attiser la guerre d'élimination lancée par les États-Unis contre le Hezbollah », en référence aux deux circulaires (n° 317 et n° 420) émises le 3 mai par la BDL visant à définir les modalités d'application par les banques des sanctions américaines contre le parti chiite et ses soutiens financiers. Le bloc a également appelé le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, à revoir les dernières circulaires pour que celles-ci soient conformes à la souveraineté nationale et a demandé au gouvernement de prendre des mesures adéquates, sans plus de détails, pour éviter « les répercussions dangereuses qu'elles vont engendrer ».
Dans ce contexte, le membre du bloc du Futur Ghazi Youssef a estimé dans un entretien à l'agence al-Markaziya que les accusations lancées contre les banques n'ont aucun sens, dans la mesure où ces dernières sont tenues d'appliquer la loi indépendamment des personnes ou des organismes. « La position du bloc parlementaire relevant du Hezbollah expose le secteur bancaire à des dangers inutiles dont lui seul est responsable », a-t-il indiqué. « À la lumière de la situation de crise au Liban, seul le secteur bancaire continue à protéger l'État et ses institutions. Le Hezbollah ne s'est pas contenté de saboter l'échéance présidentielle, il veut aussi saboter le pays tout entier en sapant l'économie et le secteur bancaire », a ajouté le député du courant du Futur.
Il a expliqué que, selon lui, le parti chiite ne pouvait rien contre l'application d'une décision émanant d'une instance internationale, qualifiant par la même occasion ses menaces de « paroles en l'air, pas plus ».
M. Youssef a semblé par ailleurs serein quant à l'éventualité d'une réaction politique ou sécuritaire de la part du Hezbollah suite à l'application des sanctions prises à son encontre par les banques : « Le parti est plus que conscient d'exposer le pays à des incidents sécuritaires. » « Si le Hezbollah prétend qu'il est fidèle à ses alliés, comme l'a dit son secrétaire général lors de son discours jeudi, alors pourquoi ne concrétiserait-il pas cette fidélité lors des différentes occasions et échéances ? » s'est demandé le député.
Concernant l'annonce faite par le Hezbollah de la mort du commandant militaire Moustapha Badreddine dans une explosion à Damas, Ghazi Youssef a expliqué cette annonce par l'ampleur de la déflagration qui ne peut être « camouflée » par le parti chiite même s'il l'avait voulu.


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Saboter, oui, mais pas seulement en s'attaquant au secteur bancaire....
02 h 57, le 15 mai 2016