« Nous voulons dire clairement que des activités légitimes (...) sont accessibles aux banques », a dit hier le secrétaire d’État américain John Kerry. Photo archives AFP
Le secrétaire d'État américain John Kerry a assuré aux banques européennes qu'elles ne devaient pas craindre de reprendre des relations commerciales avec l'Iran, sous réserve des vérifications d'usage sur leurs partenairs commerciaux et d'une activité « légitime ».
Les banques européennes, dont certaines ont été sanctionnées dans le passé pour avoir enfreint les sanctions imposées à l'Iran, sont sceptiques à l'idée de renouer des relations commerciales avec le pays. Elles se sont montrées très prudentes depuis la levée de certaines sanctions en janvier.
« Nous voulons dire clairement que des activités légitimes, qui sont définies de manière claire dans l'accord, sont accessibles aux banques », a dit jeudi le secrétaire d'État en marge de la conférence contre la corruption organisée par le Premier ministre britannique David Cameron à Londres.
Neuf dirigeants des premières banques européennes étaient présents aux côtés du secrétaire au Foreign Office Philip Hammond, de l'émissaire américain au Commerce en Iran Norman Lamont et du secrétaire d'État iranien au commerce Sajid Javid.
Des responsables de Standard Chartered et BNP Paribas, deux établissements qui ont été condamnés à des amendes de plusieurs milliards de dollars pour avoir enfreint les restrictions commerciales, étaient notamment présents.
Dans le cadre de l'accord de Vienne de juillet 2015, l'Iran a accepté de limiter ses activités nucléaires en échange d'une levée des sanctions internationales à son encontre.
Mais les banques américaines ont toujours interdiction de commercer avec l'Iran, directement ou indirectement, dans le cadre de sanctions distinctes imposées par Washington à Téhéran pour soutien au terrorisme et violations des droits de l'homme. Les États-Unis interdisent par ailleurs aux banques étrangères de régler leurs transactions en dollars avec l'Iran par l'intermédiaire d'une banque américaine.
Il n'est pas certain que les encouragements de John Kerry suffisent à rassurer les banques européennes.
La Société générale a d'ores et déjà déclaré qu'étant donné les « incertitudes persistantes », le groupe français ne comptait pas reprendre d'activités commerciales avec l'Iran.
(Source : Reuters)

