Moyen Orient et Monde

Affaibli, le gouvernement socialiste échappe à la censure et impose sa réforme du travail

France

Violentes manifestations hier dans l'Hexagone, de nouveaux rassemblements sont prévus les 17 et 19 mai contre le projet de loi.

OLJ
13/05/2016

Le pouvoir socialiste français a réussi hier à imposer sa réforme du droit du travail, échappant à une motion de censure de la droite, mais sort très affaibli d'une confrontation qui va se poursuivre dans la rue et avec les frondeurs de son camp.
La motion n'a pas réuni de majorité suffisante (246 voix contre 288 nécessaires). Son rejet signifie l'adoption en première lecture du projet de loi réformant le code du travail, qui doit désormais être examiné au Sénat. Le projet de loi « doit être défendu, regardé comme un texte de progrès », a martelé le président François Hollande. À l'Assemblée nationale, le Premier ministre a fustigé les députés socialistes frondeurs, qui avaient été jusqu'à vouloir déposer leur propre motion de censure, un acte sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de M. Hollande. « Cette démarche aventureuse mène ses auteurs dans l'impasse ! Je ne laisserai pas détruire la gauche de gouvernement, la social-démocratie française », a ainsi lancé Manuel Valls. Seulement deux voix ont manqué pour un dépôt d'une motion de censure de la gauche, sur laquelle figuraient les noms de quatre anciens ministres de M. Hollande. Évoquant « le naufrage politique » de l'exécutif, le chef de file des socialistes frondeurs, Christian Paul, a ouvertement souhaité la chute du gouvernement.
La droite, qui avait salué la première mouture du texte, juge qu'il est devenu « l'ombre de lui-même » au gré des modifications apportées par l'exécutif pour tenter de calmer la fronde dans le camp socialiste. Et si les changements apportés au texte par le gouvernement ont satisfait les syndicats réformateurs, elles n'ont pas apaisé les centrales contestataires, ni les mouvements de jeunes ou l'aile gauche du Parti socialiste. Pour eux, elle reste trop favorable aux entreprises et risque d'accroître la précarité. Les centrales contestataires ont ainsi annoncé de nouvelles mobilisations les 17 et 19 mai.
Dans la rue entre-temps, les opposants à la réforme ne désarment pas. Au troisième mois de manifestations à répétition, des milliers de personnes ont encore manifesté hier pour demander son retrait. « Dictature présidentielle », « sociaux-traîtres dehors », « gouvernement tu n'es pas le roi », pouvait-on lire sur les pancartes brandies. Les cortèges étaient plus clairsemés que les fois précédentes, avec environ 12 000 personnes à Paris, selon la police, et ont de nouveau été émaillés de violences. Dans la capitale, des jeunes cagoulés ont jeté des pavés sur les manifestants et s'en sont pris au service d'ordre des manifestations. Treize syndicalistes ont été blessés. Dans l'ouest du pays, un local du Parti socialiste a été saccagé au Havre et un bâtiment administratif investi à Caen. À Nantes, des manifestants ont occupé les voies ferrées, interrompant la circulation, et la gare a été vandalisée.

(Source : AFP)

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