Le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d’un discours à Ankara. Adem Altan/AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a souhaité une exemption de visa pour les citoyens turcs voulant se rendre dans l'espace Schengen « au plus tard en octobre », semblant repousser la date limite de juin évoquée ces dernières semaines.
« Au sujet des visas, la promesse qu'ils (les Européens) avaient faite avant, c'était pour le mois d'octobre de cette année (...) J'espère qu'ils tiendront leur parole donnée avant et qu'ils mettront un point final à cette affaire au plus tard en octobre », a-t-il déclaré lors d'un discours à Ankara, vraisemblablement en référence à la date évoquée pour une libéralisation du régime des visas lors d'un sommet en novembre dernier.
Mais dans le cadre d'un accord controversé conclu le 18 mars avec Bruxelles visant à juguler le flux de migrants à destination de l'Union européenne (UE), Ankara avait demandé à avancer la date à fin juin. Ankara en a même fait une condition indispensable pour continuer à appliquer le pacte sur les migrants. De vives tensions sont toutefois apparues cette semaine au sujet d'une réforme de la loi antiterroriste, l'une des 72 conditions que la Turquie doit remplir pour obtenir une exemption de visas et que M. Erdogan a rejetée. « Nous suivrons notre chemin et vous le vôtre », avait même déclaré M. Erdogan vendredi dernier.
Ces déclarations interviennent alors que le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, artisan côté turc des négociations avec Bruxelles ayant abouti à l'accord, a annoncé la semaine dernière son départ de la tête du parti au pouvoir, et donc aussi automatiquement de l'exécutif, à l'issue d'un congrès du parti au pouvoir en Turquie prévu le 22 mai. Cette annonce a plongé dans l'expectative l'Europe, où M. Davutoglu était un interlocuteur jugé fiable. Les tensions sont en revanche récurrentes entre l'UE et le président turc.
La Commission européenne a donné cette semaine son feu vert à une exemption des visas d'ici à juin, à condition qu'Ankara remplisse dans les délais tous les critères. L'accord sur les migrants, par lequel la Turquie a notamment accepté le retour sur son sol de tous les migrants entrés illégalement en Grèce depuis le 20 mars, prévoit en outre une aide financière à Ankara de six milliards d'euros et l'ouverture de nouveaux chapitres d'adhésion à l'UE.
(Source : AFP)

