Liban

Internet illégal : les arrestations se limitent aux subalternes des premiers suspects

Justice
S. N. | OLJ
28/04/2016

Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Samir Hammoud, a annoncé hier la clôture de l'enquête menée par le service central d'inspection criminelle, sous sa supervision, dans le dossier du réseau Internet illégal. Le service d'inspection avait été chargé d'élargir l'enquête, menée dans un premier temps par le procureur général près le tribunal militaire, suite à la communication par les services secrets de l'armée d'un rapport détaillé sur les branchements Internet illégaux. C'est ce rapport – lequel est en contradiction avec le rapport d'Ogero – qui a conduit en outre à l'élargissement de l'enquête menée par le juge Hammoud sur la question de l'acheminement au Liban d'équipements sans permis devant servir de support au réseau illégal.
C'est le premier volet de l'enquête élargie qui a donc été clos hier, comme l'a annoncé le juge Hammoud. Cela a permis au procureur financier général, le juge Ali Ibrahim, de porter plainte contre six personnes, dont trois sont déjà arrêtées pour branchement illégal, vente et montage de réseau Internet illégal, ainsi que pour dilapidation des deniers publics. Le dossier a été transféré au premier juge d'instruction du Mont-Liban, Jean Ferneiné.
Rappelons qu'une troisième enquête menée par le bureau de lutte contre les crimes cybernétiques (Forces de sécurité intérieure) sous la supervision du juge Hammoud, dans l'affaire Google Cache, a également été close. Ce dossier est un embranchement de l'affaire d'Internet illégal, impliquant directement la direction d'Ogero : Google Cache est le nom de la société offrant soi-disant des services illégaux, dont le siège avait été perquisitionné à Mazraa à Beyrouth, conduisant à la saisie d'un serveur attribué à Ogero par les enquêteurs. C'est par ce dossier que le nom du directeur d'Ogero Abdel Menhem Youssef a été ajouté à l'affaire du réseau illégal.
Le juge Hammoud a révélé hier à l'Agence nationale d'information que six personnes ont été arrêtées jusque-là dans cette affaire. Il s'agit de Ghassan Gharbali, Toufic Hisso (propriétaire de Google Cache, NDLR), Robert Saab, Tony Haddad, Hassan Mortada et Rino Samaha, comme le rapporte l'agence d'information al-Markaziya. Des avis de recherche ont par ailleurs été émis contre quatre autres personnes, a précisé le juge Hammoud.

Compromis
Les six noms révélés hier n'incluent aucun de ceux qui avaient circulé lorsque l'affaire d'Internet illégal s'était ébruitée : des parties influentes (issues de milieux politiques, ou proches de plus d'une autorité ministérielle, ou encore de l'institution militaire) avaient été soupçonnées d'y être impliquées. Mais les personnes ayant fait l'objet de poursuites judiciaires ne seraient que leurs subalternes, rapporte une source judiciaire à L'Orient-Le Jour. Aucune personne ayant notoriété « n'a été questionnée », s'étonne la source.
La question se pose de savoir si le directeur d'Ogero, Abdel Menhem Youssef, est toujours dans le collimateur des enquêteurs. Une audience avait été prévue lundi dernier, avant d'être reportée le jour même, « le temps que l'enquête aboutisse », selon les termes du juge Hammoud tels que rapportés dans les médias.
La source judiciaire confie à L'OLJ qu'un « compromis aurait été trouvé pour assurer à M. Youssef une issue à cette affaire ». De la même manière qu'il a été convenu de poursuivre les seconds couteaux des propriétaires du réseau illégal, il aurait été convenu de poursuivre certains fonctionnaires d'Ogero, à la place de M. Youssef.
« Ces derniers pourraient bien être convoqués dans les prochains jours pour subir un interrogatoire », affirme la source judiciaire.
Dans ce contexte, le syndicat des employés d'Ogero, dont le conseil exécutif s'est réuni hier, a menacé de « recourir à l'escalade afin de préserver la dignité de la société et de ses employés », au cas où « la campagne contre cette entité devait se poursuivre ». Le syndicat a appelé à « mettre un terme aux allégations nuisibles et sans fondement dirigées contre Ogero, et se focaliser sur le réseau Internet illégal qui a conduit au gaspillage des deniers publics (en allusion à l'artifice, selon eux, de l'affaire Google Cache) ».

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