En attendant que la justice se prononce sur le scandale de l'Internet illégal, ce dossier se prête à des accusations et contre-accusations à caractère politique. L'institution militaire n'est pas épargnée : son implication, ou du moins son laisser-faire dans l'affaire, est questionnée, au vu de la qualité des équipements utilisés pour assurer le réseau illégal, et implantés entre autres à Denniyé, sur un terrain isolé, sauvage et coupé des routes. L'armée aurait en outre utilisé les services d'Internet à prix très réduit. Par ailleurs, l'un des noms de personnes suspectées d'avoir bénéficié de ce réseau est celui de Imad Lahoud, fils de Nasri Lahoud et beau-fils de Samir Mokbel, selon des sources ministérielles et judiciaires interrogées par L'Orient-Le Jour.
Le ministre de la Défense a répondu hier à ces accusations dans un entretien à l'agence d'informations al-Markaziya. « Le commandement de l'armée a soumis aux concernés tous les rapports dont il dispose sur cette affaire. Il n'est pas permis que l'institution militaire soit accusée à la place d'une autre institution, à savoir l'appareil douanier, dont relève la responsabilité de l'entrée et de l'examen des équipements aux frontières libanaises », a-t-il déclaré. « Si toutefois il s'avère que les équipements utilisés ont été acheminés au Liban par les voies illégales, au niveau des frontières libano-syriennes, il faudra alors que toutes les parties coopèrent pour en élucider les circonstances », a-t-il poursuivi. Il a par ailleurs dénoncé une campagne qui le vise personnellement : « Je défie tous ceux qui me lancent des accusations de prouver mon lien, ou celui de l'un de mes proches, avec cette affaire. Je refuse catégoriquement ne fût-ce qu'une allusion à ma responsabilité. Je perçois en effet une tentative de nuire à mon image et à ma position. »
D'une manière générale, M. Mokbel a appelé « tous ceux qui nous prennent pour cible (à l'armée et à lui) de cesser leurs accusations infondées. Que ceux qui détiennent des documents de preuve les révèlent ou les transmettent aux autorités concernées, pour faciliter le procès et la reddition des comptes. Sinon, qu'ils se taisent ! ».
Cette tonalité lui a valu une réponse du ministre Waël Bou Faour. « En lisant avec intérêt les propos du ministre de la Défense, Samir al-Kimaoui, j'ai été interpellé par son injonction de nous faire taire. J'ai eu pour un instant l'impression de lire un communiqué de Ali al-Kimaoui, "Ali le chimique", qui fut ministre irakien de la Défense sous le règne de Saddam Hussein. J'ai été toutefois rassuré de lire que le ministre fera preuve d'empathie à notre égard, et s'abstiendra d'exercer sur nous ses pouvoirs absolus », a commenté M. Bou Faour.
Par ailleurs, l'armée a inauguré hier un compte Instagram en son nom. « Notre objectif est de faire toute la lumière sur la vérité en toute objectivité et crédibilité », a écrit sur ce compte le commandant en chef de l'armée, qui a subi, la veille, des accusations virulentes de la part du député Walid Joumblatt lors de son entretien accordé jeudi à la LBCI.
Liban - Internet Illégal
L’injonction de Mokbel et la réponse de Bou Faour
OLJ / le 23 avril 2016 à 00h00


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve