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Les 101 ans du génocide arménien

Intégration parfaite et engagement dédié aux causes intrinsèques du Liban

Tribune
23/04/2016

Le monde arabo-musulman est, de nos jours, témoin et victime d'une éruption aiguë de violence destructrice aux origines complexes, mêlant extrémisme religieux, sectarisme, nationalisme, conflits d'identités meurtriers, lesquels ont transformé la région en un bourbier explosif et mortel, une folie sanglante aux issues incertaines.
Tout cela, bien entendu, au détriment de toutes les valeurs d'humanisme, de droit, de justice, de liberté, de tolérance, d'acceptation de l'autre dans sa différence, de logique de l'État démocratique et rassembleur. Bref, l'histoire à reculons, une négation de tous les acquis qui ont façonné le monde moderne et lui ont donné une certaine stabilité.
Hier, des civilisations ont été effacées. Aujourd'hui, des populations entières se retrouvent de nouveau face aux menaces d'extinction à cause de ce même et sempiternel déni de l'autre, dans ses différences ethniques, religieuses ou culturelles.
La tragédie se poursuit donc, le sang coule, la fumée s'élève des villes détruites et les flots de réfugiés s'étirent en longues colonnes de désespoir le long des routes et des chemins, à la recherche d'un avenir illusoire ! Hélas, un amer goût de « déjà-vu » se dégage et « la communauté internationale », comme d'habitude, observe passivement la tragédie, versant au passage quelques larmes de crocodile entre deux contrats d'armement, nous abreuvant de belles paroles bien inutiles dans le jeu sordide des intérêts occultes des grandes puissances ! Exactement comme cela fut le cas du temps du génocide arménien il y a 101 ans. Sinistres similitudes !
Il est vrai que des générations d'Arméniens vivant aujourd'hui en Arménie ou ceux de la diaspora n'ont pas vécu le génocide ! Ils n'en ont pas moins oublié, cependant, leur devoir de défendre et sauvegarder la flamme de la cause arménienne. Cela est indéniablement question de justice et d'humanité, de démocratie et de liberté ! « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir », disait Aimée Césaire, poète martiniquais et théoricien de la négritude. C'est la question du rétablissement des droits légitimes, c'est la question de la vie qui est sacrée et préservée par le Créateur ! Oui, c'est aussi la question de la reconnaissance du génocide arménien par les Turcs.
Le jour où l'Orient se convertissait au panturquisme et se soumettait à la férule de l'Empire ottoman, les Arméniens furent les premiers à s'opposer à la culture totalitaire qui demeure jusqu'à nos jours, hélas, l'apanage de cette région du monde. D'où leurs malheurs, à vouloir défendre âprement leurs valeurs de liberté, d'égalité, de justice et de droits de l'homme ; bref, leur identité propre, dans un environnement qui ne se reconnaissait pas dans ces valeurs. Les Arméniens ont payé un des plus lourds tributs de l'histoire en termes de massacres et de génocide !
Aujourd'hui, 101 ans après ces horribles massacres, la cause arménienne demeure sans solution équitable. Une solution qui requiert la reconnaissance claire et sans ambiguïté de la part de la communauté internationale, du génocide arménien et de la nature abominable de ses conjurateurs, d'autant qu'elle restituerait la considération aux peuples du Moyen-Orient, qui subissent de nos jours le sort du peuple arménien, à savoir les massacres, la déportation, la répression et le despotisme pour les mêmes motivations de discrimination raciale et d'extrémisme religieux.
Le 24 avril de chaque année, le peuple arménien commémore le génocide arménien, éprouvant son atrocité et l'ampleur de la lutte qui l'amène à se rebeller contre ses malheurs, pour trouver la stabilité dans plusieurs contrées de par le monde, où il a contribué au progrès des peuples autochtones, y compris le peuple libanais, toutes confessions confondues.
La communauté arménienne a joué un rôle prépondérant et positif dans la naissance et le développement du Liban contemporain ! Au cours des événements tragiques qui ont jalonné l'histoire récente de ce pays, la communauté arménienne a toujours adopté un discours de modération, de dialogue, d'amour et de paix, dans une tentative permanente de mettre fin aux dissensions internes, arborant haut l'étendard du Liban sur l'échiquier international.
Ce rôle émane de la conviction viscérale qu'a le peuple arménien concernant l'importance de sa présence au Liban. Présence n'est pas synonyme d'existence seulement, laquelle rime avec présence numérique. En effet, la présence requiert une contribution efficace à la vie socioéconomique du pays, une intégration parfaite, un engagement dédié aux causes intrinsèques du Liban, ainsi que l'épanouissement, la convivialité et une réflexion partagée pour assurer un meilleur avenir aux générations futures.
Ces valeurs sont au cœur des religions monothéistes, y compris la religion chrétienne, que le peuple arménien a adoptée il y a 1 715 ans et a défendue tout au long de son histoire, balisée d'héroïsme et de martyre. Portés pas cette histoire honorable, les Arméniens ont préservé leur patrimoine, leurs traditions, leurs valeurs et leur religion, et se sont rassemblés autour d'un seul concept relatif à la citoyenneté et à leur existence au Liban.
Actuellement, dans un Moyen-Orient confronté aux guerres meurtrières et destructrices, les Arméniens subissent à nouveau les affres de la guerre et de l'exode ! Sauf les Arméniens du Liban !
Lesquels croient en ce pays, qui les a reçus à bras ouverts et leur a permis de continuer à vivre leur culture et à développer leurs immenses talents ! Oui, les Arméniens croient à la mission humaniste et multiculturelle du Liban et y contribuent activement !
Nous poursuivrons le combat en vue d'un compromis international qui reconnaisse le génocide arménien et en dénonce clairement les responsables ! Puisse cela servir de leçon aux nouveaux génocidaires et protéger d'autres populations menacées ! L'espoir de paix au Moyen-Orient est une vérité, il suffit d'y croire.

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