De gauche à droite : M. Mongi Loukil, Mme Maha el-Khalil Chalabi, Mme Théofila Martinez, le président du Parlement européen M. Martin Shultz, Mme Khadija al-Salami, M. Mohammad Labri Benattia et M. Nader Mohammad Nader Aziza.
La seconde édition du prix Élissa/Didon créé par l'Association internationale pour la sauvegarde de Tyr, présidée par Maha el-Khalil Chalabi, ambassadrice de bonne volonté de l'Unesco, a honoré deux femmes qui participent activement au développement de leurs sociétés : Théofila Martinez, ancienne maire de Cadix, en Espagne, pour ses réalisations exceptionnelles en faveur de la culture et du patrimoine phénicien dans sa ville, et Khadija el-Salami, cinéaste yéménite qui lutte en faveur des droits des mineurs en proie à la violence dans le monde arabe.
Les deux lauréates ont été élues dernièrement par le conseil exécutif du prix. La cérémonie s'est déroulée au Parlement européen, à Bruxelles, en présence de personnalités européennes et libanaises, particulièrement Martin Schultz, président du Parlement européen, Rodi Kratsa, ancienne vice-présidente du Parlement européen, et la députée Térésa Jiménez Becerril-Barrio.
Le prix Élissa/Didon distingue chaque année deux personnalités féminines du nord et du sud du bassin méditerranéen, faisant ainsi un lien entre les deux rives de la « mer phénicienne ». Ce prix, créé dans le cadre du réseau Med 21, en partenariat avec la Fondation Tyr et le prix Didon d'or de Tunisie, fait partie d'un réseau de prix d'excellence décernés à travers les pays de la Méditerranée. Il honore les personnalités féminines œuvrant au renforcement de l'égalité des chances et l'affirmation du rôle des femmes agissant dans la vie culturelle, politique, sociale, économique et scientifique.
Dans son discours, Mme Chalabi a rendu hommage aux victimes des attentats de Bruxelles du 22 mars. « Cette remise de prix est maintenue malgré le contexte difficile, pour affirmer notre détermination à continuer notre combat », a-t-elle dit, soulignant que le Parlement européen n'est pas à sa première action en faveur de Tyr. Déjà en 1980, quand le Liban était en guerre, le Parlement, avec la résolution Doc. 1 388/80, considérait que « si Tyr venait à disparaître, l'humanité perdrait avec elle 2 000 ans d'archives (...) et s'associait au mouvement lancé par l'Unesco pour sauver Tyr de la destruction (...) ».
« Motivée par sa passion de toujours pour l'immense héritage culturel que les Phéniciens nous ont légué, la Fondation Tyr met les leçons tirées de l'histoire phénicienne au service de l'humanité et tout particulièrement au service des sociétés du bassin méditerranéen. Le prix Élissa/Didon est une inspiration des traditions phéniciennes qui, d'une part, ont donné un rôle tout à fait particulier à la femme dans leur société et dans leur panthéon, et qui, d'autre part, ont inlassablement sillonné la Méditerranée, reliant ses deux rives et instaurant par ce fait une mondialisation pacifique qui pourrait servir de modèle au monde d'aujourd'hui », a encore dit Mme Chalabi.


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